Je voeu retourner la pyramide.

Sans grand bruit, la fameuse pyramide fête ses 70 ans cette année. Alors qu’elle est enseignée dans la plupart des filières et qu’elle semble s’être imposée à tous, de nombreuses raisons nous poussent à la remettre en cause. Nous verrons donc ici sur quoi elle repose, ce que l’on en a retenu, ce que l’on en a oublié… et s’il est possible de la retourner.

pyramide des besoins de maslow - AllWeWish“La présente théorie (…) devra alors tenir ou tomber…” (A. Maslow) 1

Voilà comment Abraham Maslow introduisait sa « théorie de la motivation humaine » en 1943 et il semble aujourd’hui que celle-ci a plus que tenu. Enseignée dans de nombreux cours (en psychologie, en sciences humaines, en économie, en vente…) à tous les niveaux d’études, dans la plupart des orientations, elle est passée du statut de modélisation à celui de modèle… en Occident.

Pourtant, si en économie des ménages elle doit apprendre à l’élève quelles dépenses prioriser  (manger, boire, se loger, téléphoner, jouer et/ou parader), c’est justement parce que la hiérarchie ne va pas ou plus de soi. Derrière cette première fissure, avec un peu de recul donc, le dogme pourrait tomber. Avec un peu d’expérience, la hiérarchie pourrait se retourner… Elle le devrait pour plusieurs raisons :

J’ai raison et bien des raisons

Que ce soit dans la recherche du bien-être individuel ou dans l’exploration des pistes vers un monde meilleur, il nous semble utile de nous attarder sur ce schéma imprimé dans toutes les têtes : la pyramide des besoins de Maslow. Enseignée comme une vérité absolue, elle pourrait participer à deux des plus grands travers de notre monde actuel.

Pour rappel, la hiérarchie des besoins de Maslow, (que l’auteur n’a jamais lui-même assimilée à une pyramide) doit expliquer les motivations de l’Homme. Selon elle, l’individu s’attache d’abord à satisfaire ses besoins physiologiques. Ce n’est qu’une fois ses besoins primaires satisfaits que ses besoins de sécurité apparaîtront et qu’il tentera de les remplir. Ce n’est qu’une fois ces nouveaux besoins satisfaits que l’individu se consacrera à se faire des amis ou à trouver l’être aimé. De même il ne pourra commencer à s’estimer qu’une fois son besoin d’appartenance satisfait et ce n’est qu’une fois qu’il s’estimera suffisamment, qu’il pourra chercher à se réaliser pleinement.2

En plaçant les besoins physiologiques et de sécurité à sa base, cette théorie donne la priorité à l’avoir sur l’être. Elle indique qu’il faut avoir (à manger, à boire…) avant de pouvoir être. Présentée comme une règle sociale -éventuellement limitée à l’occident- elle justifie non seulement nos envies les plus matérialistes mais aussi la société matérialiste dans laquelle nous vivons.

Fruit de la réflexion d’un psychologue, elle se centre évidemment sur l’individu et n’introduit la notion de groupe ou d’interdépendance entre les individus qui le composent qu’à la 3e étape. En n’incluant la notion de groupe que dans les niveaux supérieurs de la représentation, elle semble également justifier l’individualisme ou plutôt l’égoïsme3 qui caractérise notre époque. L’individu semble seul au monde (ou seul contre tous) tant qu’il n’a pas satisfait ses besoins vitaux et assuré un minimum de sécurité.

En remettant en cause la théorie, je respecte les vœux de son auteur. En démontant la pyramide, je démonterai peut-être l’une des pierres angulaires de nos sociétés occidentales. En retournant le classement, je retournerai peut-être avec lui quelques unes des idées reçues qui nous empêchent de construire une Société meilleure. Je montrerai en tout cas, qu’il faut réfléchir avant de croire.

Démonter

pyramide des besoins de maslow demontee - AllWeWishLa critique et la déconstruction semblent pouvoir porter sur trois niveaux :
– la compréhension de la théorie, d’abord, qui, en 70 ans de bouche-à-oreilles et, semble-t-il, si peu de lectures de la version originale, a perdu quelques nuances et certains de ses points les plus intéressants, soulignés par Maslow lui-même,
– la théorie elle-même, ensuite, qui doit tolérer une grande souplesse et  bien besoin des nuances oubliées pour être acceptée, et,
– les fondements de la théorie, enfin, qui de l’aveu même de l’auteur repose sur des bases peu solides.

Au fil du temps

C’est au fil du temps que la hiérarchie des besoins de Maslow a pris la forme d’une pyramide. Peut-être pour répondre à un besoin pédagogique, la simplification s’est ajoutée à l’illustration. Des notions claires et essentielles pour le chercheur, utiles pour nous, ont alors été oubliées :

Prérequis : L’auteur donnait plusieurs preconditions libertaires à remplir avant de pouvoir satisfaire les besoins primaires : Liberté d’expression, liberté d’information, liberté de faire ce que l’on veut tant que cela ne blesse personne d’autre, liberté de se défendre… mais aussi l’honnêteté et l’équité dans le groupe.4 Ces prérequis oubliés pourraient expliquer certaines des différences constatées entre la théorie et la pratique. Dans celle déjà mentionnée dans les dépenses personnelles, on sait que le téléphone dernier cri donne l’impression d’une certaine appartenance sociale, celle-ci est peut-être davantage recherchée dans une société moins égalitaire.

Parallèle : En marge de sa hiérarchie, l’auteur indique également, « dans l’espoir de stimuler le débat et la recherche »5 deux besoins aussi importants que les autres mais ne pouvant y être intégrés. Il s’agit des désirs de savoir et de comprendre. Ceux-ci complèteraient les prérequis mais aussi les explications apportées par sa hiérarchie au sens des religions, à la philosophie ou à la recherche scientifique. D’après lui, l’Homme n’a pas créé les religions uniquement pour répondre au besoin de sécurité ou d’appartenance. D’après lui, l’Homme ne s’est pas non plus mis à réfléchir ou à expérimenter pour se faire valoir ou, autrement dit, pour « faire le malin ».

Il est curieux de constater que ce que Maslow a appelé « préconditions », ne se retrouvent pas à la base de la pyramide enseignée dans nos écoles, juste au dessous des besoins physiologiques. Il est curieux aussi que les désirs « de savoir et de comprendre » n’apparaissent pas en marge de cette pyramide ou ne soient non plus évoqués dans l’explication qui l’accompagne. L’importance des libertés et de la recherche de connaissances n’ont pas résisté au filtre du temps.

Enfin et encore de la plume de Maslow, la motivation n’est pas la seule explication à donner à un comportement : Les facteurs extérieurs influencent également l’action ou l’inaction de l’Homme et rares sont les actions qui ne sont motivées que par une seule motivation. Par là, le regard des autres ou les valeurs partagées au sein d’un groupe pourraient entrainer des comportements contraire à la théorie égoïste et matérialiste. Ces nuances ont elles-aussi été oubliées au fil de ces 70 années. Elles étaient pourtant indispensables (bien qu’insuffisantes) pour que la pyramide tienne debout face à un regard et une pensée critique.

En théorie

Maslow devait être conscient de cette fragilité pour admettre lui-même plusieurs exceptions et assouplir sa hiérarchie des besoins. Cette souplesse, Maslow l’appelle le « degré de satisfaction relative ». Cette relativité est de deux ordres.

La première tient dans la progressivité de l’apparition de l’échelon suivant. « Comme pour le concept d’émergence d’un nouveau besoin après satisfaction d’un besoin primaire, l’émergence n’est pas un phénomène soudain mais plutôt une émergence lente et graduelle à partir du néant. Par exemple, si le besoin primaire A est seulement satisfait à 10%, alors le besoin B ne sera pas visible du tout. Pourtant, si le besoin A est satisfait à 25%, le besoin B peut apparaître à 5%, si le besoin A est satisfait à 75% le besoin B peut apparaitre complètement et ainsi de suite. »7

La seconde tient dans la progressivité du passage d’un échelon à l’autre. On peut passer d’un niveau de la pyramide au suivant, sans pour autant avoir satisfait le premier complètement, à 100%. « Par exemple, si je peux donner des chiffres arbitraires pour illustrer, c’est comme si le citoyen moyen était satisfait à 85% dans ses besoins physiologiques, à 70% dans ses besoins de sécurité, à 50% dans ses besoins d’amour, à 40% dans ses besoins d’estime, et à 10% dans ses besoins de réalisations. »8

Avec d’une part l’apparition progressive des 5 niveaux besoins, d’autre part leur satisfaction concomitante, la pyramide semble s’estomper puis s’effacer elle-même. Ces nuances exprimées par l’auteur, oubliées par la suite (comme d’autres déjà évoquées), rendent pourtant la théorie moins rigide, plus adaptable. Nuancée, elle tient compte alors également davantage des différences individuelles et devient plus acceptable.

Dans le fond

En 1943, Maslow a 34 ans. Cinq ans plus tôt, il se consacrait encore à l’étude de la domination et de la sexualité des grands singes. C’est à partir de 1937 qu’il commence à étudier le comportement humain en commençant par la peur et l’insécurité. Ce n’est que deux ans plus tard qu’il s’intéresse à la motivation. C’est donc en très peu de temps qu’il parvient à sa première théorie de la motivation.9

Comme Maslow l’indique lui-même, il est « beaucoup plus facile de percevoir et de critiquer les aspects de sa théorie plutôt que d’y remédier, principalement à cause du grand manque de données disponibles. » 10 C’est là, une autre faiblesse, peut-être la plus importante, soulevée par de nombreux autres scientifiques, il y a déjà 50 ans : Clark, 1960 ; Cofer & Appley, 1964 ; Vroom, 1964, Berkowitz, 1969 ; Hill, 1969.11

Quand il indique que sa théorie dérive de son expérience clinique, c’est presque uniquement de sa collaboration avec ses deux collègues renommés et admirés, Ruth Benedict et Max Wertheimer qu’il est question.12 Comme l’écrit Maslow à propos du degré de fixation de la hiérarchie, « il est vrai que la plupart des gens avec lesquels nous avons travaillé ont eu l’air d’avoir ces besoins de base dans l’ordre indiqué. »13

Ceux qui veulent limiter la portée de la pyramide la restreignent aux besoins de l’homme occidental. Elle devrait l’être encore davantage : aux seuls hommes et femmes du dessus, sinon les riches au moins les renommés d’une sphère bien particulière : le monde académique. Ceux qui n’ont jamais connu la faim mais sont bien arrivés au niveau 4 voire 5 de la hiérarchie.

La fameuse théorie enseignée dans toutes les écoles, dans toutes les orientations et passée de modélisation explicative à modèle justificatif ne se base en effet sur aucune donnée statistique mais seulement sur une observation courte (entre 2 et 5 ans), limitée (à principalement deux collègues) et subjective (collègues considérés comme des mentors, cités par ailleurs comme premières références bibliographiques), une revue de littérature néanmoins variée, et la réflexion d’un homme, fut-il, comme il le dira lui-même plus tard, surdoué et bipolaire. 14

Le lecteur s’étonnera peut-être de voir la personne de Maslow ici attaquée plutôt que ses idées. Celles-ci ne reposant finalement que sur sa réflexion, il est difficile d’imaginer, comme l’écrit Alfie Kohn, que cette hiérarchie toute particulière, plaçant le besoin d’amour en dessous du besoin de réalisation aie pu être proposée « par un psychologue asiatique ou par une psychologue occidentale. » 15

Retourner

pyramide des besoins de maslow renversee - AllWeWishSi la pyramide comme elle est enseignée participe au monde matérialiste et égoïste actuel, réfléchir à l’ordre de ses échelons nous amènera peut-être à les retourner. Ce retournement permettra peut-être alors d’accéder à un monde plus altruiste, et, au niveau individuel, à un bien-être moins matériel.

Maslow lui-même admettait sept exceptions à l’ordre de sa hiérarchie ou sept raisons d’en inverser les niveaux. La plus intéressante de celles-ci, totalement oubliée de ses relecteurs, tient sans aucun doute dans les valeurs extérieures. D’après l’auteur, les valeurs du sujet pourraient effectivement modifier la priorité qu’il donne à ses propre besoins. Les six autres exceptions vont de déséquilibres mentaux particuliers à une habitude largement étendue en Occident, celle de la satisfaction des besoins nutritionnels.

La primauté des besoins physiologiques?

D’après Maslow, les besoins les plus fondamentaux (boire et manger) passent avant tous les autres… sauf s’ils ont toujours été satisfaits.16 Ils pourraient alors être sous-estimés. Au delà de la parole oubliée de l’auteur, exemples répandus et expériences vécues sèment effectivement le doute sur la priorité donnée à ces besoins : L’étudiant en blocus absorbé (ou stressé) par ses études, le chercheur passionné ou l’artisan débordé pourront momentanément oublier la faim pour terminer ce qu’ils ont commencé…

Avec l’augmentation de la productivité agricole, la plupart d’entre nous avons progressivement perdu l’expérience et le souvenir de la faim. Avec elle, les tâches ont pu se spécialiser, employés et ouvriers ont remplacé éleveurs et cultivateurs et il est devenu impossible de satisfaire ses besoins alimentaires sans l’aide du groupe ou de la communauté. Bien entendu, le besoin d’appartenance situé au troisième niveau de la pyramide, et appelé love need par Maslow considérait des groupes plus restreints : les amis, les collègues, la famille ou le couple.

Force est de constater alors que cet amour accordé par les autres procurera la sécurité (besoin présenté au troisième niveau de la pyramide) avant de satisfaire la faim (besoin du premier niveau) dans chacun de ces groupes plus restreints:

Ceux qui, en occident, sont encore malheureusement confrontés à elle rechercheront d’abord l’appartenance et la sécurité procurée par les copains de galère avant de chercher à se nourrir. Cela peut tenir de leurs valeurs ou de leur éducation mais aussi de leur Raison. Si l’homme est un loup pour l’homme, c’est bien faire partie d’une meute qui le protège.

L’amour des collègues et la bonne intégration au sein de l’entreprise employeuse seront à la fois une condition au sentiment de sécurité du travailleur et un prérequis au paiement de son logement et de sa nourriture. A une place différente, le patron aura lui aussi besoin des autres, de ses employés et de ses clients pour assurer la sécurité de son entreprise puis pour pouvoir se loger et manger.

Dans une classe, l’élève se sentira plus en sécurité s’il se sent intégré. Il en va de même pour l’enfant soutenu par sa famille même si celle-ci ne peut satisfaire les besoins que Maslow désignait comme inférieurs et prioritaires. Même en temps de famines, il n’est pas difficile d’imaginer la mère nourrir son enfant avant de répondre à sa propre faim.

Nous voilà sorti de l’Occident et par là même du champ d’application de la théorie critiquée. Gageons pourtant que la plupart des mères s’assureront d’abord de satisfaire l’appétit de leur enfant avant de satisfaire le leur. En se rapprochant d’un contexte plus occidental, les mères de familles monoparentales feront elles aussi passer le bien-être de leurs enfants (collation ou vêtement de marque, participations au voyage scolaire, adhésion à un club sportif ou investissement dans l’équipement) avant la satisfaction de leurs propres besoins. La relation parent-enfant, ou maman-enfant est évidemment particulière. Un tel don à leur détriment pourrait par ailleurs leur faire gagner l’estime de la famille quant plus d’égoïsme pourrait les exclure du groupe.

La finalité du besoin de réalisation?

L’ordre des trois premiers besoins de Maslow peut donc aisément s’inverser. Il semble plus compliqué de s’attaquer aux deux « suivants ». Si l’autoréalisation revient au Bonheur, celle-ci est considérée par la plupart des philosophes comme l’ultime finalité de l’existence humaine. Décrit par Maslow « What a man can be, he must be », l’autoréalisation semble tenir davantage du dépassement de soi que du Bonheur en tant que tel. Présentée de la sorte, l’autoréalisation s’éloigne par ailleurs des recettes enseignées par les philosophies orientales et les spécialistes du développement personnel.

Ces philosophies et ces spécialistes insistent sur la nécessité de croire en soi pour pouvoir accorder sa confiance aux autres, sur la nécessité de s’aimer soi-même pour pouvoir aimer l’autre. Elles donnent donc la priorité à l’estime de soi (niveau 4 de la théorie de Maslow) à l’appartenance ou à l’amour des autres (niveau 3). Ce n’est qu’une fois cette estime atteinte, que l’individu pourra s’intégrer dans un groupe.

Si l’autoréalisation consiste au dépassement de soi, elle semble utile pour accéder à certains groupes reconnus. C’est à force de battre son record personnel (niveau 5 de la théorie) qu’un athlète pourra battre un record national puis, éventuellement, un record mondial. Ces records lui feront rejoindre l’élite et un nouveau groupe (niveau 3). Même à défaut, nous espérons que le franchissement de limites personnelles lui apporteront davantage d’estime personnelle (niveau 4).

Un grand retournement

Le champ sportif n’est qu’un exemple, comme l’indique Maslow le besoin d’autoréalisation peut également consister au désir d’être une bonne mère.17 Nous retrouvons ici le domaine d’illustration déjà utilisé au point précédent et, peut-être, l’explication de la contradiction déjà évoquée. Cette mère qui veille au bien-être de son enfant avant de s’assurer du sien est peut-être mue par ce désir d’autoréalisation. Dans ce cas, celui-ci est bien le premier de la hiérarchie, sa satisfaction amènera l’estime d’elle-même à la maman avant ou en même temps que la reconnaissance du groupe. Cette appartenance lui apportera à son tour plus de sécurité, et encore davantage si elle n’a pas satisfait ses besoins physiologiques.

Conclusions

Nous avons vérifié ce qu’écrivaient Wahba et Bridwell, « La théorie est largement acceptée mais il y a peu de recherches pour la supporter. » 18 Nous n’avons pas en revanche expliqué pourquoi celle-ci a pris une place si importante. Peut-être a-t-elle été favorisée par la guerre froide comme d’autres théories individualistes et matérialistes ? 19 Comme l’indiquait Geertz, elle ne peut effectivement se justifier que dans notre société20, contrairement aux aspirations universalistes de Maslow.

Quand il rédige la préface puis quand il écrit sa théorie en tant que tel. L’auteur ne voit d’ailleurs pas là matière à publication, il semble produire pour justifier son emploi et, sans être pourtant d’une grande modestie, il s’étonnera lui-même du succès de sa production. 21

Pourtant, nous avons vu que les fondements de sa théorie était pour le moins légers, basés sur une expérience courte et limitée de collaboration avec des personnages tout à fait particulier. Nous avons avons vu que sur ces fondations légères, la théorie ne pouvait tenir que moyennant quelques nuances essentielles pourtant oubliées en 70 années de relecture et d’enseignements. A travers ces nuances, nous avons pu démonter le modèle. A travers quelques exemples et notre expérience nous avons même pu, ensuite, inverser l’ordre des niveaux de la pyramide.

Non, bien que les bases de la théorie soient peu solides, elle donnait une explication simple, quasi-universelle de ce qui « devrait » motiver les hommes. Il suffisait de lui enlever ce qu’elle portait de plus subversif. Plus on la simplifierait, plus elle s’imposerait. Plus on l’enseignerait, plus on l’intégrerait.
D’autres théories auraient pu (et pourraient encore) être enseignées à la place de « cette pyramide » mais elles sont soit plus complexes, soit moins porteuses des valeurs occidentales de ces dernières décennies. Remplacer Maslow par Epicure et expliquer que les besoins de l’homme devraient se limiter à l’essentiel pour le rendre heureux par exemple, aurait pu (et pourrait encore) mettre à mal une partie de la croissance économique occidentale de l’après-guerre. Préférer et enseigner qu’un bon salaire n’est pas un facteur de motivation mais qu’un mauvais salaire est un facteur de démotivation aurait sans doute (et aurait encore) des conséquences sur la productivité et l’abnégation des traders ou des grands patrons. Expliquer que les motivations de l’homme dépendent (selon l’une ou l’autre formule complexe) de son vécu et de ses attentes aurait peut-être laissé trop de place à son libre arbitre. En laisseraient-elles encore autant ?

* Je peux creuser et vérifier

1. MASLOW, A.H., « A Theory of Human Motivation », publié originellement dans Psychological Review, 50, 1943, pp. 370-396. Disponible en ligne dans « Classics in the History of Psychology », an internet resource developed by Christopher D. Green, York University, Toronto, Ontario (ISSN 1492-3713). Posté en 2000 et consulté le 3 septembre 2013.
2. Pyramide des besoins de Maslow, Wikipedia http://fr.wikipedia.org/wiki/Pyramide_des_besoins_de_Maslow
3. AllWeWish, Penser à coté de l’individualisme
4. Ibidem note 1. « There are certain conditions which are immediate prerequisites for the basic need satisfactions. Danger to these is reacted to almost as if it were a direct danger to the basic needs themselves. Such conditions as freedom to speak, freedom to do what one wishes so long as no harm is done to others, freedom to express one’s self, freedom to investigate and seek for information, freedom to defend one’s self, justice, fairness, honesty, orderliness in the group are examples of such preconditions for basic need satisfactions. Thwarting in these freedoms will be reacted to with a threat or emergency response. »
5. Ibidem note 1. »So far, we have mentioned the cognitive needs only in passing. Acquiring knowledge and systematizing the universe have been considered as, in part, techniques for the achievement of basic safety in the world, or, for the intelligent man, expressions of self-actualization. Also freedom of inquiry and expression have been discussed as preconditions of satisfactions of the basic needs. True though these formulations may be, they do not constitute definitive answers to the question as to the motivation role of curiosity, learning, philosophizing, experimenting, etc. They are, at best, no more than partial answers. »
6. Ibidem note 1. « There are usually available various cultural paths to the same goal. Therefore conscious, specific, local-cultural desires are not as fundamental in motivation theory as the more basic, unconscious goals. » et « However, it is the common experience of anthropologists that people, even in different societies, are much more alike than we would think from our first contact with them, and that as we know them better we seem to find more and more of this commonness, We then recognize the most startling differences to be superficial rather than basic, e. g., differences in style of hair-dress, clothes, tastes in food, etc. Our classification of basic [p. 390] needs is in part an attempt to account for this unity behind the apparent diversity from culture to culture. »
7. Ibidem note 1. « For instance, if prepotent need A is satisfied only 10 per cent: then need B may not be visible at all. However, as this need A becomes satisfied 25 per cent, need B may emerge 5 per cent, as need A becomes satisfied 75 per cent need B may emerge go per cent, and so on. »
8. Ibidem note 1. « For instance, if I may assign arbitrary figures for the sake of illustration, it is as if the average citizen [p. 389] is satisfied perhaps 85 per cent in his physiological needs, 70 per cent in his safety needs, 50 per cent in his love needs, 40 per cent in his self-esteem needs, and 10 per cent in his self-actualization needs. »
9. PBS. (1998). Abraham Maslow. A Science Odyssey. Found online at http://www.pbs.org/wgbh/aso/databank/entries/bhmasl.html
10. Ibidem note 1. « It is far easier to perceive and to criticize the aspects in motivation theory than to remedy them. Mostly this is because of the very serious lack of sound data in this area. »
11. BRIDWELL, L.G. et WAHBA, M.A. « Maslow reconsidered: A review of research on the need hierarchy theory », Baruch College, The City University of New York USA publié dans Organizational Behavior and Human Performance, Volume 15, Issue 2, April 1976, Pages 212–240 disponible en ligne au format pdf http://larrybridwell.com/Maslo.pdf consulté le 2 octobre 2013
12. Ibidem note 9
13. Ibidem note 1. « (…)It is true that most of the people with whom we have worked have seemed to have these basic needs in about the order that has been indicated. »
14. Being Abraham Maslow, http://www.youtube.com/watch?v=DTFq5QVkKhY
15. KOHN, A. « A Look at Maslow’s “Basic Propositions” » Originally published in Perceiving, Behaving, Becoming: Lessons Learned edited by H. J. Freiberg (Alexandria, VA: ASCD, 1999). Disponible en ligne sur http://www.alfiekohn.org/teaching/maslow.htm consulté le 3 octobre 2013
16. Ibidem note 1. « People who have never experienced chronic hunger are apt to underestimate its effects and to look upon food as a rather unimportant thing. »
17. Ibidem note 1. « The specific form that these needs will take will of course vary greatly from person to person. In one individual it may take the form of the desire to be an ideal mother, in another it may be expressed athletically (…) »
18. Ibidem note 11
19. BENKLER Y. : « The Unselfish Gene », Harvard Business Review, July-August 2011
20. Ibidem note 15. Geertz cité par A.KOHN. « La conception occidentale de la personne en tant qu’univers motivationnel et cognitif borné, unique et plus ou moins intégré, un centre dynamique de la sensibilisaté, de l’émotion, du jugement et de l’action organisé comme un tout et un ensemble distinctifs contrastively contre les deux touts et contre son fond social et naturel, est, aussi incorrigible cela peut nous sembler, une idée assez particulière dans le contexte des cultures du monde. »
21. Ibidem note 14

Je voeu 100 carats, Thomas Sankara.

Thomas Sankara, l'homme intègre« Je ne suis ni un messie ni un prophète. Je ne détiens aucune vérité. Ma seule ambition est une double aspiration : premièrement, pouvoir, en langage simple, celui de l’évidence et de la clarté, parler au nom de mon peuple, le peuple du Burkina Faso ; deuxièmement, parvenir à exprimer aussi, à ma manière, la parole du « Grand peuple des déshérités », ceux qui appartiennent à ce monde qu’on a malicieusement baptisé Tiers Monde. Et dire, même si je n’arrive pas à les faire comprendre, les raisons que nous avons de nous révolter. » (Extrait de « La Liberté se conquiert« , Discours prononcé le le 4 octobre 1984 devant l’Assemblée Générale des Nations-Unies)

Thomas Sankara est aujourd’hui devenu la référence d’une bonne partie de la jeunesse africaine. Beaucoup d’hommes politiques se réclament de ses idéaux et de son modèle de développement. Il est devenu aussi le symbole de la lutte contre la dette pour le mouvement altermondialiste.

* Je peux regarder l’Homme Intègre

Ce documentaire produit par Arte retrace la vie de Sankara au travers de témoignages de ceux qui l’ont connu et d’extraits de ses discours.

* Je peux regarder d’autres discours

https://youtube.com/watch?v=ulD0_JfdEUc%3Frel%3D0
https://youtube.com/watch?v=jYIpqQkeRIE%3Frel%3D0
https://youtube.com/watch?v=eppxJ1zI9J0%3Frel%3D0
https://youtube.com/watch?v=2CjYjUQY2AM%3Frel%3D0

 * Je peux visiter Thomassankara.net

Le site qui lui est dédié reprend moultes informations sur sa vie, ses idées et sa mort: www.thomassankara.net

* Je peux aussi signer la pétition

Pour que la lumière soit faite sur son assassinat:

Justice pour Thomas Sankara Justice pour l’Afrique

Je vœu Krishnamurti, Jiddu!

Jiddu Krishnamurti
La force de Jiddu Krishnamurti, c’est d’avoir refusé le contrôle de l’institution religieuse qui avait financé ses études. C’est de l’avoir dissoute parce qu’il pensait qu’il revient à chacun de trouver sa propre voie et parce que les religions comme les nationalités divisent les hommes au lieu de les unir.La chance de ce prophète du XXe siècle, c’est de nous laisser son enseignement aux formats audio et vidéos et en Français…

Voici son interview par André Voisin lors de l’émission « Les conteurs » en 1972 ainsi qu’un extrait de conférence en Anglais doublée et son intervention aux Nations Unies sous-titrée:

* Sa bio résumée et son avis sur les religions, le conditionnement…

https://youtube.com/watch?v=fA60mxf6e2w%3Frel%3D0

* son avis sur l’attention et l’action vraie, les divisions et l’unité…

https://youtube.com/watch?v=aXS28B2pWhw%3Frel%3D0

* son avis sur les religions et la découverte de Dieu…

https://youtube.com/watch?v=W_qa8Ngrr2M%3Frel%3D0

* son avis sur la place de la pensée, le temps et la nature…

https://youtube.com/watch?v=OfrLzdYq7M8%3Frel%3D0

* son avis sur le sommeil, la souffrance et la passion

https://youtube.com/watch?v=3drmPIAR0Lk%3Frel%3D0

* son avis sur le végétarisme, le temps, la science, les connaissances et la nature…

https://youtube.com/watch?v=dn7jg-UfYDo%3Frel%3D0

* son avis sur l’innocence, l’action, l’image, l’envie, l’éducation, la possession et la mort

https://youtube.com/watch?v=7hX5zXx6kIA%3Frel%3D0

* son avis sur la mort, la naissance et l’attachement…

https://youtube.com/watch?v=5Z3MN3s6Nsw%3Frel%3D0

* son avis sur la paix et la souffrance

krishnamurti et la souffrance humaine par supervielle

* son idée pour changer le monde présentée devant l’ONU

Si les spectateurs avaient vus les entretiens précédents, ils l’auraient compris!

https://youtube.com/watch?v=JEcmcKGbHMM%3Frel%3D0

https://youtube.com/watch?v=onLNE4InFQQ%3Frel%3D0

https://youtube.com/watch?v=NPC6h0XTPSU%3Frel%3D0

* Je peux approfondir

En visitant le site qui lui est dédié: www.jkrishnamurti.org

Je voeu une pierre en Allemand, ein Stein!

Einstein, un prophèteUne pierre solide et fiable pour peut-être construire une nouvelle Société. On connait d’Albert Einstein les théories de la relativité. Ses autres opinions sur la vie et le monde sont moins souvent rappelées.

Voici, ici, au travers de quelques extraits de « Comment je vois le monde », les idées d’un homme (l’un des plus intelligents du siècle dernier) sur l’Homme …

Einstein et l’argent

« Je suis fermement convaincu que toutes les richesses du monde ne pourraient faire avancer l’humanité, même si elles se trouvaient entre les mains d’un homme qui fut aussi dévoué que possible au progrès. Seul l’exemple de personnalités grandes et pures peut conduire aux nobles conceptions et aux nobles actions. L’argent attire l’égoïsme, et entraîne irrésistiblement d’en faire mauvais usage. Pourrait-on se représenter Moïse, Jésus ou Gandhi équipé d’un sac d’argent de Carnegie ? »

Einstein et la célébrité

« Chacun doit être respecté dans sa personne et nul ne doit être idolâtré. C’est une ironie du sort que les hommes aient témoigné à mon égard beaucoup trop d’admiration et de vénération, sans qu’il y ait de ma faute ou que je l’aie mérité. Cela pourrait bien provenir du désir irréalisable pour beaucoup, de comprendre quelques idées que j’ai trouvées, dans une lutte sans relâche, avec mes faibles forces. »

Einstein et la solitude

« Je suis un véritable solitaire (« Einspänner »), qui n’a jamais appartenu de tout cœur à l’Etat, au pays natal, au cercle des amis et pas même à la famille dans le sens étroit du terme, mais qui a toujours éprouvé à l’égard de toutes ces liaisons un sentiment jamais affaibli de leur être étranger et le besoin de solitude, un sentiment qui s’accroît encore avec l’âge. On éprouve vivement, mais sans regret, la limite de l’entente et de l’accord avec les autres hommes. Un tel homme perd certes une partie de sa candeur et de son insouciance, mais il est en échange largement indépendant des opinions, des habitudes, et des jugements de ses semblables, et n’est pas tenté d’établir son équilibre sur une base aussi peu solide. »

Einstein, la mort et le sens de la vie

« Je ne veux pas et ne peux pas non plus concevoir un individu qui survive à sa mort corporelle ; libre aux âmes faibles de se nourrir, par peur ou par égoïsme ridicule, de pareilles idées. Le mystère de l’éternité de la vie me suffit et la conscience et l’intuition de la construction admirable de l’être, ainsi que l’humble effort de comprendre une parcelle, si minime soit-elle, de la raison qui se manifeste dans la nature. »

« Se préoccuper du sens ou du but de sa propre existence, ainsi que celle des créatures en général, m’a toujours paru, au point de vue objectif, absurde. Et cependant, tout homme a, d’autre part, certains idéaux qui dirigent son effort et son jugement. Dans ce sens, le plaisir et le bonheur ne m’ont jamais apparu comme fin en soi (j’appelle aussi cette base morale l’idéal du troupeau de cochons). Les idéaux qui brillaient devant moi et m’ont continuellement rempli d’un joyeux courage de vivre ont été le bien, la beauté et la vérité. »

« Combien curieuse est la situation de nous autres enfants de la terre ! Chacun est là pour une courte visite. Il ne sait pas pourquoi, mais il croit parfois le sentir. Mais on sait du point de vue de la vie journalière, sans réfléchir davantage, qu’on est là pour les autres hommes – tout d’abord pour ceux dont le sourire et le bien-être sont les conditions entières de notre propre bonheur, ensuite aussi pour la multitude des inconnus, au sort desquels nous lie un lien de sympathie. Chaque jour, je pense bien des fois que ma vie intérieure et extérieure repose sur le travail des hommes vivants et sur celui des hommes déjà mort, que je dois m’efforcer de donner dans la même mesure que j’ai reçu et que je reçois encore. »

Einstein, la science et la religion

« Celui qui est pénétré de la vérité que la loi causale régit tous les évènements ne peut pas du tout admettre l’idée d’un être intervenant dans la marche du processus cosmique, à condition bien entendu, qu’il prenne réellement au sérieux l’hypothèse de la causalité. La religion-crainte n’a pas de place chez lui, et pas d’avantage la religion sociale ou morale… »

« L’expérience intime du mystérieux -même mêlée de craintes- a aussi créé la religion. Savoir qu’il existe quelque chose qui nous est impénétrable, connaître les manifestations de la raison la plus profonde et de la beauté la plus éclatante, qui ne sont accessibles à notre entendement que dans leurs formes les plus primitives, cette connaissance, cette connaissance et ce sentiment constituent la vraie religiosité ; c’est en ce sens, et seulement en ce sens, que j’appartiens aux hommes profondément religieux. Je ne peux pas me figurer un Dieu qui récompense et punisse les objets de sa création et qui enfin possède une volonté de même espèce de celle que nous expérimentons en nous-mêmes. »

Einstein, l’armée et la paix

« Ce sujet m’amène a parlé de la pire des créations grégaires, de l’armée, que je déteste. Si quelqu’un peut avec plaisir marcher en rang derrière une musique, je le méprise ; ce n’est que par erreur qu’il a reçu un cerveau, puisque la moelle épinière lui suffirait tout à fait. On devrait faire disparaître le plus rapidement possible cette honte de la civilisation. Avec quelle force je hais l’héroisme sur commande, les voies de fait stupides et le patriotisme détestable ! Combien ignoble et méprisable me paraît la guerre ! J’aimerais mieux me laisser couper en morceaux que de participer à une action aussi misérable ! »

« Malgré cela je pense tant de bien de l’humanité que je crois que ce fantôme (la guerre) aurait déjà depuis longtemps disparu, si le bon sens des peuples n’était pas systématiquement corrompu, au moyen de l’école et de la presse, par les intéressés du monde des affaires et du monde politique. »

Einstein, le progrès et l’espoir

« Le service militaire obligatoire me paraît être le symptôme le plus humiliant du manque de dignité personnelle dont notre humanité civilisée souffre aujourd’hui. En corrélation avec ce fait, il ne manque pas de prophètes pour prophétiser la chute prochaine de notre civilisation. Je n’appartiens pas à ces pessimistes, mais je crois en avenir meilleur. Je voudrais encore brièvement motiver ce ferme espoir. »

« Les phénomènes de la décadence actuelle sont, à mon avis, dus au fait que le développement de l’économie et de la technique, a très aggravé la lutte des hommes pour l’existence, de sorte que le libre développement des individus a subi un grave dommage. Mais le progrès de la technique exige de l’individu pour satisfaire aux besoins de la collectivité de moins en moins de travail. Une répartition méthodique du travail devient de plus en plus une nécessité impérieuse, et cette répartition conduira à une sécurité matérielle des individus. Mais cette sécurité, avec le temps libre et la force qui resteront disponibles pour l’individu, peut être favorable au développement de la personnalité. De cette manière, la communauté peut de nouveau s’assainir, et nous voulons espérer que les historiens futurs interprèteront les maladies sociales de notre temps comme des maladies infantiles d’une humanité plus élevée, occasionnées purement et simplement par une trop rapide allure de la marche de la civilisation.»

« Les générations d’autrefois ont pu croire que les progrès intellectuels et ceux de la civilisation n’étaient pas, pour eux, autre chose que les fruits du travail de leurs prédécesseurs dont ils avaient hérité, et qui leur fournissaient une vie plus aisée et embellie. Mais les épreuves plus dures de notre époque montrent que c’était là une illusion néfaste.»

« Nous voyons que les plus grands efforts doivent être faits pour que cet héritage ne soit pas une malédiction, mais une bénédiction pour l’humanité. Si, jadis, un homme avait déjà de la valeur au point de vue social quand il se libérait dans une certaine mesure de l’égoïsme personnel, on doit aujourd’hui exiger de lui qu’il triomphe de l’égoïsme national et de l’égoïsme de classe. Car c’est seulement quand il se sera élevé si haut, qu’il contribuera à améliorer de la communauté humaine.»

Je voeu Gandhi’r.

Gandhi, prophète de la paixGandhi’r ou grandir son être en laissant moins de place à l’avoir, aux dogmes et aux autres idées reçues. La tolérance et les armes du Mahatma Gandhi pour une Société meilleure en quelques extraits de sa pensée.

A méditer et appliquer pour incarner le changement que l’on attend du monde.

Gandhi et la vérité :

« Ainsi, pour chaque nouvelle étape, mes efforts pour venir en aide aux Indiens d’Afrique du Sud me faisaient découvrir, peu à peu, les différentes exigences qu’implique le respect de la vérité. Tel un arbre immense, elle donne d’autant plus de fruits qu’on en prend soin. A l’image d’une mine où plus on creuse en profondeur, plus précieux sont les diamants qu’on y découvre, il est remarquable que plus on explore la vérité, plus nombreux et variés sont les services qu’elle nous fait assumer. » (AMG, 268)

Gandhi et le don de soi :

« Or, j’en ai toujours été persuadé, ce que peut l’un d’entre nous, les autres le peuvent. C’est pourquoi d’agir en cachette, j’ai entrepris mes expériences au vu et au su de tous ; ce qui, je pense, n’enlève rien à la valeur spirituelle. » (AMG 4-5)

« Je devais essayer, dans toute la mesure du possible, d’attaquer ce mal à la racine tout en acceptant les épreuves que cela m’occasionnerait. Au cours de cette tentative je ne devais chercher à redresser les torts que dans la mesure où cela serait nécessaire pour détruire le préjugé racial. » (AMG, 140-141)

« Si je me suis entièrement consacré au service de la communauté c’est afin de mieux répondre aux exigences de ma vie intérieure. » (AMG 197)

Gandhi et l’humilité:

« Je ne porte pas de jugements sur le monde et ses méfaits. Etant moi-même imparfait et ayant besoin de tolérance et de charité, je tolère à mon tour les défauts du monde jusqu’à ce que je trouve ou ménage le joint qui me permettra d’y porter remède. » (MT, I, 215)

« Oui, j’ai conscience de mes propres limites. Mais d’en avoir conscience me vient le peu de force dont je dispose. Tout ce qu’il m’a été donné de pouvoir faire dans ma vie est dû principalement au fait qu’à travers mes limites, j’ai découvert l’action d’une force autre que la mienne. » (SB, 214)

Gandhi et la timidité:

« Je dois dire qu’en dehors du cas où elle m’exposa au ridicule, cette timidité insurmontable n’a jamais tourné à mon désavantage. Bien au contraire, j’ai mis ce handicap à profit en apprenant à devenir concis. Jadis je cherchais mes mots. Aujourd’hui je prends plaisir à en réduire le nombre. » (AMG, 84)

Gandhi et le don de Dieu:

« Mes défauts et mes échecs sont tout autant une bénédiction de Dieu que mes dons et mes réussites ; je les dépose au pied de Son autel. Pourquoi a-t-il choisi l’instrument imparfait que je suis pour une œuvre aussi grande ? Je pense qu’Il l’a fait délibérément. Il fallait venir en aide à des millions de gens ignorants qui souffrent en silence. Un homme parfait les aurait découragés d’avance. Au contraire, tous les espoirs leur semblèrent permis quand ils virent s’avancer sur la voie de l’ahimsâ un homme comme eux, avec les mêmes faiblesses. » (MGP, II, 801)

Gandhi et les dogmes:

« Mais aujourd’hui, je m’élève contre le Christianisme dogmatique dans la mesure où je suis persuadé que sa doctrine a déformé le message de Jésus. Le Christ était un Asiatique dont le message fut transmis selon des moyens très divers; mais lorsque cette religion reçu le soutien de un empereur romain, elle devint impérialiste et l’est restée jusqu’à ce jour. » (MT, IV, p.95)

Gandhi et les erreurs:

« Il est bon de confesser ses erreurs. On s’en trouve plus fort. Cet aveu est comme un bon coup de balai qui enlève toute la poussière et laisse les lieux plus propres qu’avant. C’est également nécessaire chaque fois qu’il faut revenir sur ses pas à la suite d’une erreur d’orientation. La cause que l’on détend en est fortifiée. Si on persiste à se fourvoyer dans une mauvaise voie on est sûr de ne jamais atteindre sa destination. » (MT,II,113)

Gandhi et la lutte :

« S’il convient de s’opposer à certains systèmes et de les détruire, au contraire, le fait de s’en prendre à leurs auteurs reviendrait à vouloir se prendre soi-même pour cible. Car, c’est le même pinceau qui nous a tous dessinés. Nous sommes les enfants d’un seul et même Créateur ; et, à ce titre, nous avons en nous des forces divines qui sont infinies. Maltraiter ne serait-ce qu’un seul être humain, c’est porter atteinte à ces forces divines et nuire, de ce fait, aux autres hommes.» (AMG, 337)

Gandhi et la haine :

« Je me considère comme incapable de haïr qui que ce soit. Depuis plus de quarante ans, grâce à la prière et à la suite d’un long travail sur moi-même, je n’ai plus jamais haï personne. Je vois bien tout ce qu’il y a de prétentieux dans un tel aveu, mais je le fais en toute humilité. En revanche, je hais le mal sous toutes ses formes. J’ai en horreur le régime que les Britanniques ont établi en Inde Je hais la manière impitoyable dont on exploite l’Inde, et du fond de mon cœur, je trouve non moins haïssable la manière dont sont traités les intouchables, système infâme dont se sont rendus responsables des millions d’Hindous. Mais je n’ai aucune haine pour les Anglais qui nous oppriment, ni pour les Hindous qui sont sans pitiés pour leurs frères. Je cherche à les réformer à l’aide de tous les moyens que l’Amour met à ma disposition. » (SB, 50)

Gandhi et l’avoir :

« Le fait de posséder me parut alors être un crime. Il ne faut garder pour soi que les objets qui ne manquent pas aux autres. Mais cela n’existe pas. La non-possession est la seule chose qui soit à la disposition de tous. En d’autres termes, cela revient à renoncer volontairement à tout… Je dois donc en toute logique abandonner mon corps à la volonté de Dieu, et tant que je dispose de cet instrument, je dois m’en servir non pour mener une vie de plaisirs mais pour servir les autres à toute heure du jour. Et s’il doit en être ainsi pour le corps, n’en va-t-il pas de même à plus forte raison pour les vêtements et autres accessoires de ce genre ? » (MT, III, 155-157)

Gandhi et l’argent:

« L’art de devenir riche, dans le sens commun du terme, n’est pas seulement l’art d’accumuler beaucoup d’argent pour nous-mêmes, mais aussi celui de découvrir comment notre voisin peut en obtenir pour le moins possible. En termes exacts, c’est l’art d’établir le maximum d’inégalités en notre faveur. »

Gandhi et les enfants :

« Je suis convaincu que pour bien élever ses enfants, il faut savoir comment on soigne un bébé. A plusieurs reprises, j’ai vu les avantages qu’il y avait à étudier attentivement toutes ces questions. Si j’avais négligé ce point et si je n’avais su tirer parti de mes connaissances, mes enfants ne jouiraient pas aujourd’hui d’une santé aussi bonne. Nous sommes victimes d’une forte superstition qui nous fait croire que l’enfant n’a rien à apprendre les cinq premières années de sa vie. C’est le contraire, car, par la suite, l’enfant n’aura plus jamais l’occasion d’apprendre les leçons que nous enseignent ces cinq premières années. Son éducation commence le jour même de sa conception. » (AMG, 250-251)

* Je peux creuser…

…et lire son autobiographie en entier et en anglais:

« An autobiography or the story of my experiments with truth » (AMG), par M.K. Gandhi, publié par Navajivan Publishing House Ahmedabad.

…ou lire une compilation de celle-ci et d’autres biographies en français

« La voie de la non-violence », Gandhi, textes choisis par Krishna Kripalani, traduits par Guy Vogelweith, publié par Folio