Je voeu une pierre en Allemand, ein Stein!

Einstein, un prophèteUne pierre solide et fiable pour peut-être construire une nouvelle Société. On connait d’Albert Einstein les théories de la relativité. Ses autres opinions sur la vie et le monde sont moins souvent rappelées.

Voici, ici, au travers de quelques extraits de « Comment je vois le monde », les idées d’un homme (l’un des plus intelligents du siècle dernier) sur l’Homme …

Einstein et l’argent

« Je suis fermement convaincu que toutes les richesses du monde ne pourraient faire avancer l’humanité, même si elles se trouvaient entre les mains d’un homme qui fut aussi dévoué que possible au progrès. Seul l’exemple de personnalités grandes et pures peut conduire aux nobles conceptions et aux nobles actions. L’argent attire l’égoïsme, et entraîne irrésistiblement d’en faire mauvais usage. Pourrait-on se représenter Moïse, Jésus ou Gandhi équipé d’un sac d’argent de Carnegie ? »

Einstein et la célébrité

« Chacun doit être respecté dans sa personne et nul ne doit être idolâtré. C’est une ironie du sort que les hommes aient témoigné à mon égard beaucoup trop d’admiration et de vénération, sans qu’il y ait de ma faute ou que je l’aie mérité. Cela pourrait bien provenir du désir irréalisable pour beaucoup, de comprendre quelques idées que j’ai trouvées, dans une lutte sans relâche, avec mes faibles forces. »

Einstein et la solitude

« Je suis un véritable solitaire (« Einspänner »), qui n’a jamais appartenu de tout cœur à l’Etat, au pays natal, au cercle des amis et pas même à la famille dans le sens étroit du terme, mais qui a toujours éprouvé à l’égard de toutes ces liaisons un sentiment jamais affaibli de leur être étranger et le besoin de solitude, un sentiment qui s’accroît encore avec l’âge. On éprouve vivement, mais sans regret, la limite de l’entente et de l’accord avec les autres hommes. Un tel homme perd certes une partie de sa candeur et de son insouciance, mais il est en échange largement indépendant des opinions, des habitudes, et des jugements de ses semblables, et n’est pas tenté d’établir son équilibre sur une base aussi peu solide. »

Einstein, la mort et le sens de la vie

« Je ne veux pas et ne peux pas non plus concevoir un individu qui survive à sa mort corporelle ; libre aux âmes faibles de se nourrir, par peur ou par égoïsme ridicule, de pareilles idées. Le mystère de l’éternité de la vie me suffit et la conscience et l’intuition de la construction admirable de l’être, ainsi que l’humble effort de comprendre une parcelle, si minime soit-elle, de la raison qui se manifeste dans la nature. »

« Se préoccuper du sens ou du but de sa propre existence, ainsi que celle des créatures en général, m’a toujours paru, au point de vue objectif, absurde. Et cependant, tout homme a, d’autre part, certains idéaux qui dirigent son effort et son jugement. Dans ce sens, le plaisir et le bonheur ne m’ont jamais apparu comme fin en soi (j’appelle aussi cette base morale l’idéal du troupeau de cochons). Les idéaux qui brillaient devant moi et m’ont continuellement rempli d’un joyeux courage de vivre ont été le bien, la beauté et la vérité. »

« Combien curieuse est la situation de nous autres enfants de la terre ! Chacun est là pour une courte visite. Il ne sait pas pourquoi, mais il croit parfois le sentir. Mais on sait du point de vue de la vie journalière, sans réfléchir davantage, qu’on est là pour les autres hommes – tout d’abord pour ceux dont le sourire et le bien-être sont les conditions entières de notre propre bonheur, ensuite aussi pour la multitude des inconnus, au sort desquels nous lie un lien de sympathie. Chaque jour, je pense bien des fois que ma vie intérieure et extérieure repose sur le travail des hommes vivants et sur celui des hommes déjà mort, que je dois m’efforcer de donner dans la même mesure que j’ai reçu et que je reçois encore. »

Einstein, la science et la religion

« Celui qui est pénétré de la vérité que la loi causale régit tous les évènements ne peut pas du tout admettre l’idée d’un être intervenant dans la marche du processus cosmique, à condition bien entendu, qu’il prenne réellement au sérieux l’hypothèse de la causalité. La religion-crainte n’a pas de place chez lui, et pas d’avantage la religion sociale ou morale… »

« L’expérience intime du mystérieux -même mêlée de craintes- a aussi créé la religion. Savoir qu’il existe quelque chose qui nous est impénétrable, connaître les manifestations de la raison la plus profonde et de la beauté la plus éclatante, qui ne sont accessibles à notre entendement que dans leurs formes les plus primitives, cette connaissance, cette connaissance et ce sentiment constituent la vraie religiosité ; c’est en ce sens, et seulement en ce sens, que j’appartiens aux hommes profondément religieux. Je ne peux pas me figurer un Dieu qui récompense et punisse les objets de sa création et qui enfin possède une volonté de même espèce de celle que nous expérimentons en nous-mêmes. »

Einstein, l’armée et la paix

« Ce sujet m’amène a parlé de la pire des créations grégaires, de l’armée, que je déteste. Si quelqu’un peut avec plaisir marcher en rang derrière une musique, je le méprise ; ce n’est que par erreur qu’il a reçu un cerveau, puisque la moelle épinière lui suffirait tout à fait. On devrait faire disparaître le plus rapidement possible cette honte de la civilisation. Avec quelle force je hais l’héroisme sur commande, les voies de fait stupides et le patriotisme détestable ! Combien ignoble et méprisable me paraît la guerre ! J’aimerais mieux me laisser couper en morceaux que de participer à une action aussi misérable ! »

« Malgré cela je pense tant de bien de l’humanité que je crois que ce fantôme (la guerre) aurait déjà depuis longtemps disparu, si le bon sens des peuples n’était pas systématiquement corrompu, au moyen de l’école et de la presse, par les intéressés du monde des affaires et du monde politique. »

Einstein, le progrès et l’espoir

« Le service militaire obligatoire me paraît être le symptôme le plus humiliant du manque de dignité personnelle dont notre humanité civilisée souffre aujourd’hui. En corrélation avec ce fait, il ne manque pas de prophètes pour prophétiser la chute prochaine de notre civilisation. Je n’appartiens pas à ces pessimistes, mais je crois en avenir meilleur. Je voudrais encore brièvement motiver ce ferme espoir. »

« Les phénomènes de la décadence actuelle sont, à mon avis, dus au fait que le développement de l’économie et de la technique, a très aggravé la lutte des hommes pour l’existence, de sorte que le libre développement des individus a subi un grave dommage. Mais le progrès de la technique exige de l’individu pour satisfaire aux besoins de la collectivité de moins en moins de travail. Une répartition méthodique du travail devient de plus en plus une nécessité impérieuse, et cette répartition conduira à une sécurité matérielle des individus. Mais cette sécurité, avec le temps libre et la force qui resteront disponibles pour l’individu, peut être favorable au développement de la personnalité. De cette manière, la communauté peut de nouveau s’assainir, et nous voulons espérer que les historiens futurs interprèteront les maladies sociales de notre temps comme des maladies infantiles d’une humanité plus élevée, occasionnées purement et simplement par une trop rapide allure de la marche de la civilisation.»

« Les générations d’autrefois ont pu croire que les progrès intellectuels et ceux de la civilisation n’étaient pas, pour eux, autre chose que les fruits du travail de leurs prédécesseurs dont ils avaient hérité, et qui leur fournissaient une vie plus aisée et embellie. Mais les épreuves plus dures de notre époque montrent que c’était là une illusion néfaste.»

« Nous voyons que les plus grands efforts doivent être faits pour que cet héritage ne soit pas une malédiction, mais une bénédiction pour l’humanité. Si, jadis, un homme avait déjà de la valeur au point de vue social quand il se libérait dans une certaine mesure de l’égoïsme personnel, on doit aujourd’hui exiger de lui qu’il triomphe de l’égoïsme national et de l’égoïsme de classe. Car c’est seulement quand il se sera élevé si haut, qu’il contribuera à améliorer de la communauté humaine.»

AllWeWish

Auteur : AllWeWish

Association sans but lucratif de droit belge créée pour redonner confiance et responsabiliser. Concrètement, elle rassemble les voeux et les solutions pour montrer que tout est possible à condition de le vouloir. Elle répond aux voeux en les partageant en actions concrètes que chacun peut prendre au quotidien. Ces actions doivent parfois être expliquées plus longuement. Elles le sont dans les voeux proposés par l'association...

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