Je voeu retourner la pyramide.

Sans grand bruit, la fameuse pyramide fête ses 70 ans cette année. Alors qu’elle est enseignée dans la plupart des filières et qu’elle semble s’être imposée à tous, de nombreuses raisons nous poussent à la remettre en cause. Nous verrons donc ici sur quoi elle repose, ce que l’on en a retenu, ce que l’on en a oublié… et s’il est possible de la retourner.

pyramide des besoins de maslow - AllWeWish“La présente théorie (…) devra alors tenir ou tomber…” (A. Maslow) 1

Voilà comment Abraham Maslow introduisait sa « théorie de la motivation humaine » en 1943 et il semble aujourd’hui que celle-ci a plus que tenu. Enseignée dans de nombreux cours (en psychologie, en sciences humaines, en économie, en vente…) à tous les niveaux d’études, dans la plupart des orientations, elle est passée du statut de modélisation à celui de modèle… en Occident.

Pourtant, si en économie des ménages elle doit apprendre à l’élève quelles dépenses prioriser  (manger, boire, se loger, téléphoner, jouer et/ou parader), c’est justement parce que la hiérarchie ne va pas ou plus de soi. Derrière cette première fissure, avec un peu de recul donc, le dogme pourrait tomber. Avec un peu d’expérience, la hiérarchie pourrait se retourner… Elle le devrait pour plusieurs raisons :

J’ai raison et bien des raisons

Que ce soit dans la recherche du bien-être individuel ou dans l’exploration des pistes vers un monde meilleur, il nous semble utile de nous attarder sur ce schéma imprimé dans toutes les têtes : la pyramide des besoins de Maslow. Enseignée comme une vérité absolue, elle pourrait participer à deux des plus grands travers de notre monde actuel.

Pour rappel, la hiérarchie des besoins de Maslow, (que l’auteur n’a jamais lui-même assimilée à une pyramide) doit expliquer les motivations de l’Homme. Selon elle, l’individu s’attache d’abord à satisfaire ses besoins physiologiques. Ce n’est qu’une fois ses besoins primaires satisfaits que ses besoins de sécurité apparaîtront et qu’il tentera de les remplir. Ce n’est qu’une fois ces nouveaux besoins satisfaits que l’individu se consacrera à se faire des amis ou à trouver l’être aimé. De même il ne pourra commencer à s’estimer qu’une fois son besoin d’appartenance satisfait et ce n’est qu’une fois qu’il s’estimera suffisamment, qu’il pourra chercher à se réaliser pleinement.2

En plaçant les besoins physiologiques et de sécurité à sa base, cette théorie donne la priorité à l’avoir sur l’être. Elle indique qu’il faut avoir (à manger, à boire…) avant de pouvoir être. Présentée comme une règle sociale -éventuellement limitée à l’occident- elle justifie non seulement nos envies les plus matérialistes mais aussi la société matérialiste dans laquelle nous vivons.

Fruit de la réflexion d’un psychologue, elle se centre évidemment sur l’individu et n’introduit la notion de groupe ou d’interdépendance entre les individus qui le composent qu’à la 3e étape. En n’incluant la notion de groupe que dans les niveaux supérieurs de la représentation, elle semble également justifier l’individualisme ou plutôt l’égoïsme3 qui caractérise notre époque. L’individu semble seul au monde (ou seul contre tous) tant qu’il n’a pas satisfait ses besoins vitaux et assuré un minimum de sécurité.

En remettant en cause la théorie, je respecte les vœux de son auteur. En démontant la pyramide, je démonterai peut-être l’une des pierres angulaires de nos sociétés occidentales. En retournant le classement, je retournerai peut-être avec lui quelques unes des idées reçues qui nous empêchent de construire une Société meilleure. Je montrerai en tout cas, qu’il faut réfléchir avant de croire.

Démonter

pyramide des besoins de maslow demontee - AllWeWishLa critique et la déconstruction semblent pouvoir porter sur trois niveaux :
– la compréhension de la théorie, d’abord, qui, en 70 ans de bouche-à-oreilles et, semble-t-il, si peu de lectures de la version originale, a perdu quelques nuances et certains de ses points les plus intéressants, soulignés par Maslow lui-même,
– la théorie elle-même, ensuite, qui doit tolérer une grande souplesse et  bien besoin des nuances oubliées pour être acceptée, et,
– les fondements de la théorie, enfin, qui de l’aveu même de l’auteur repose sur des bases peu solides.

Au fil du temps

C’est au fil du temps que la hiérarchie des besoins de Maslow a pris la forme d’une pyramide. Peut-être pour répondre à un besoin pédagogique, la simplification s’est ajoutée à l’illustration. Des notions claires et essentielles pour le chercheur, utiles pour nous, ont alors été oubliées :

Prérequis : L’auteur donnait plusieurs preconditions libertaires à remplir avant de pouvoir satisfaire les besoins primaires : Liberté d’expression, liberté d’information, liberté de faire ce que l’on veut tant que cela ne blesse personne d’autre, liberté de se défendre… mais aussi l’honnêteté et l’équité dans le groupe.4 Ces prérequis oubliés pourraient expliquer certaines des différences constatées entre la théorie et la pratique. Dans celle déjà mentionnée dans les dépenses personnelles, on sait que le téléphone dernier cri donne l’impression d’une certaine appartenance sociale, celle-ci est peut-être davantage recherchée dans une société moins égalitaire.

Parallèle : En marge de sa hiérarchie, l’auteur indique également, « dans l’espoir de stimuler le débat et la recherche »5 deux besoins aussi importants que les autres mais ne pouvant y être intégrés. Il s’agit des désirs de savoir et de comprendre. Ceux-ci complèteraient les prérequis mais aussi les explications apportées par sa hiérarchie au sens des religions, à la philosophie ou à la recherche scientifique. D’après lui, l’Homme n’a pas créé les religions uniquement pour répondre au besoin de sécurité ou d’appartenance. D’après lui, l’Homme ne s’est pas non plus mis à réfléchir ou à expérimenter pour se faire valoir ou, autrement dit, pour « faire le malin ».

Il est curieux de constater que ce que Maslow a appelé « préconditions », ne se retrouvent pas à la base de la pyramide enseignée dans nos écoles, juste au dessous des besoins physiologiques. Il est curieux aussi que les désirs « de savoir et de comprendre » n’apparaissent pas en marge de cette pyramide ou ne soient non plus évoqués dans l’explication qui l’accompagne. L’importance des libertés et de la recherche de connaissances n’ont pas résisté au filtre du temps.

Enfin et encore de la plume de Maslow, la motivation n’est pas la seule explication à donner à un comportement : Les facteurs extérieurs influencent également l’action ou l’inaction de l’Homme et rares sont les actions qui ne sont motivées que par une seule motivation. Par là, le regard des autres ou les valeurs partagées au sein d’un groupe pourraient entrainer des comportements contraire à la théorie égoïste et matérialiste. Ces nuances ont elles-aussi été oubliées au fil de ces 70 années. Elles étaient pourtant indispensables (bien qu’insuffisantes) pour que la pyramide tienne debout face à un regard et une pensée critique.

En théorie

Maslow devait être conscient de cette fragilité pour admettre lui-même plusieurs exceptions et assouplir sa hiérarchie des besoins. Cette souplesse, Maslow l’appelle le « degré de satisfaction relative ». Cette relativité est de deux ordres.

La première tient dans la progressivité de l’apparition de l’échelon suivant. « Comme pour le concept d’émergence d’un nouveau besoin après satisfaction d’un besoin primaire, l’émergence n’est pas un phénomène soudain mais plutôt une émergence lente et graduelle à partir du néant. Par exemple, si le besoin primaire A est seulement satisfait à 10%, alors le besoin B ne sera pas visible du tout. Pourtant, si le besoin A est satisfait à 25%, le besoin B peut apparaître à 5%, si le besoin A est satisfait à 75% le besoin B peut apparaitre complètement et ainsi de suite. »7

La seconde tient dans la progressivité du passage d’un échelon à l’autre. On peut passer d’un niveau de la pyramide au suivant, sans pour autant avoir satisfait le premier complètement, à 100%. « Par exemple, si je peux donner des chiffres arbitraires pour illustrer, c’est comme si le citoyen moyen était satisfait à 85% dans ses besoins physiologiques, à 70% dans ses besoins de sécurité, à 50% dans ses besoins d’amour, à 40% dans ses besoins d’estime, et à 10% dans ses besoins de réalisations. »8

Avec d’une part l’apparition progressive des 5 niveaux besoins, d’autre part leur satisfaction concomitante, la pyramide semble s’estomper puis s’effacer elle-même. Ces nuances exprimées par l’auteur, oubliées par la suite (comme d’autres déjà évoquées), rendent pourtant la théorie moins rigide, plus adaptable. Nuancée, elle tient compte alors également davantage des différences individuelles et devient plus acceptable.

Dans le fond

En 1943, Maslow a 34 ans. Cinq ans plus tôt, il se consacrait encore à l’étude de la domination et de la sexualité des grands singes. C’est à partir de 1937 qu’il commence à étudier le comportement humain en commençant par la peur et l’insécurité. Ce n’est que deux ans plus tard qu’il s’intéresse à la motivation. C’est donc en très peu de temps qu’il parvient à sa première théorie de la motivation.9

Comme Maslow l’indique lui-même, il est « beaucoup plus facile de percevoir et de critiquer les aspects de sa théorie plutôt que d’y remédier, principalement à cause du grand manque de données disponibles. » 10 C’est là, une autre faiblesse, peut-être la plus importante, soulevée par de nombreux autres scientifiques, il y a déjà 50 ans : Clark, 1960 ; Cofer & Appley, 1964 ; Vroom, 1964, Berkowitz, 1969 ; Hill, 1969.11

Quand il indique que sa théorie dérive de son expérience clinique, c’est presque uniquement de sa collaboration avec ses deux collègues renommés et admirés, Ruth Benedict et Max Wertheimer qu’il est question.12 Comme l’écrit Maslow à propos du degré de fixation de la hiérarchie, « il est vrai que la plupart des gens avec lesquels nous avons travaillé ont eu l’air d’avoir ces besoins de base dans l’ordre indiqué. »13

Ceux qui veulent limiter la portée de la pyramide la restreignent aux besoins de l’homme occidental. Elle devrait l’être encore davantage : aux seuls hommes et femmes du dessus, sinon les riches au moins les renommés d’une sphère bien particulière : le monde académique. Ceux qui n’ont jamais connu la faim mais sont bien arrivés au niveau 4 voire 5 de la hiérarchie.

La fameuse théorie enseignée dans toutes les écoles, dans toutes les orientations et passée de modélisation explicative à modèle justificatif ne se base en effet sur aucune donnée statistique mais seulement sur une observation courte (entre 2 et 5 ans), limitée (à principalement deux collègues) et subjective (collègues considérés comme des mentors, cités par ailleurs comme premières références bibliographiques), une revue de littérature néanmoins variée, et la réflexion d’un homme, fut-il, comme il le dira lui-même plus tard, surdoué et bipolaire. 14

Le lecteur s’étonnera peut-être de voir la personne de Maslow ici attaquée plutôt que ses idées. Celles-ci ne reposant finalement que sur sa réflexion, il est difficile d’imaginer, comme l’écrit Alfie Kohn, que cette hiérarchie toute particulière, plaçant le besoin d’amour en dessous du besoin de réalisation aie pu être proposée « par un psychologue asiatique ou par une psychologue occidentale. » 15

Retourner

pyramide des besoins de maslow renversee - AllWeWishSi la pyramide comme elle est enseignée participe au monde matérialiste et égoïste actuel, réfléchir à l’ordre de ses échelons nous amènera peut-être à les retourner. Ce retournement permettra peut-être alors d’accéder à un monde plus altruiste, et, au niveau individuel, à un bien-être moins matériel.

Maslow lui-même admettait sept exceptions à l’ordre de sa hiérarchie ou sept raisons d’en inverser les niveaux. La plus intéressante de celles-ci, totalement oubliée de ses relecteurs, tient sans aucun doute dans les valeurs extérieures. D’après l’auteur, les valeurs du sujet pourraient effectivement modifier la priorité qu’il donne à ses propre besoins. Les six autres exceptions vont de déséquilibres mentaux particuliers à une habitude largement étendue en Occident, celle de la satisfaction des besoins nutritionnels.

La primauté des besoins physiologiques?

D’après Maslow, les besoins les plus fondamentaux (boire et manger) passent avant tous les autres… sauf s’ils ont toujours été satisfaits.16 Ils pourraient alors être sous-estimés. Au delà de la parole oubliée de l’auteur, exemples répandus et expériences vécues sèment effectivement le doute sur la priorité donnée à ces besoins : L’étudiant en blocus absorbé (ou stressé) par ses études, le chercheur passionné ou l’artisan débordé pourront momentanément oublier la faim pour terminer ce qu’ils ont commencé…

Avec l’augmentation de la productivité agricole, la plupart d’entre nous avons progressivement perdu l’expérience et le souvenir de la faim. Avec elle, les tâches ont pu se spécialiser, employés et ouvriers ont remplacé éleveurs et cultivateurs et il est devenu impossible de satisfaire ses besoins alimentaires sans l’aide du groupe ou de la communauté. Bien entendu, le besoin d’appartenance situé au troisième niveau de la pyramide, et appelé love need par Maslow considérait des groupes plus restreints : les amis, les collègues, la famille ou le couple.

Force est de constater alors que cet amour accordé par les autres procurera la sécurité (besoin présenté au troisième niveau de la pyramide) avant de satisfaire la faim (besoin du premier niveau) dans chacun de ces groupes plus restreints:

Ceux qui, en occident, sont encore malheureusement confrontés à elle rechercheront d’abord l’appartenance et la sécurité procurée par les copains de galère avant de chercher à se nourrir. Cela peut tenir de leurs valeurs ou de leur éducation mais aussi de leur Raison. Si l’homme est un loup pour l’homme, c’est bien faire partie d’une meute qui le protège.

L’amour des collègues et la bonne intégration au sein de l’entreprise employeuse seront à la fois une condition au sentiment de sécurité du travailleur et un prérequis au paiement de son logement et de sa nourriture. A une place différente, le patron aura lui aussi besoin des autres, de ses employés et de ses clients pour assurer la sécurité de son entreprise puis pour pouvoir se loger et manger.

Dans une classe, l’élève se sentira plus en sécurité s’il se sent intégré. Il en va de même pour l’enfant soutenu par sa famille même si celle-ci ne peut satisfaire les besoins que Maslow désignait comme inférieurs et prioritaires. Même en temps de famines, il n’est pas difficile d’imaginer la mère nourrir son enfant avant de répondre à sa propre faim.

Nous voilà sorti de l’Occident et par là même du champ d’application de la théorie critiquée. Gageons pourtant que la plupart des mères s’assureront d’abord de satisfaire l’appétit de leur enfant avant de satisfaire le leur. En se rapprochant d’un contexte plus occidental, les mères de familles monoparentales feront elles aussi passer le bien-être de leurs enfants (collation ou vêtement de marque, participations au voyage scolaire, adhésion à un club sportif ou investissement dans l’équipement) avant la satisfaction de leurs propres besoins. La relation parent-enfant, ou maman-enfant est évidemment particulière. Un tel don à leur détriment pourrait par ailleurs leur faire gagner l’estime de la famille quant plus d’égoïsme pourrait les exclure du groupe.

La finalité du besoin de réalisation?

L’ordre des trois premiers besoins de Maslow peut donc aisément s’inverser. Il semble plus compliqué de s’attaquer aux deux « suivants ». Si l’autoréalisation revient au Bonheur, celle-ci est considérée par la plupart des philosophes comme l’ultime finalité de l’existence humaine. Décrit par Maslow « What a man can be, he must be », l’autoréalisation semble tenir davantage du dépassement de soi que du Bonheur en tant que tel. Présentée de la sorte, l’autoréalisation s’éloigne par ailleurs des recettes enseignées par les philosophies orientales et les spécialistes du développement personnel.

Ces philosophies et ces spécialistes insistent sur la nécessité de croire en soi pour pouvoir accorder sa confiance aux autres, sur la nécessité de s’aimer soi-même pour pouvoir aimer l’autre. Elles donnent donc la priorité à l’estime de soi (niveau 4 de la théorie de Maslow) à l’appartenance ou à l’amour des autres (niveau 3). Ce n’est qu’une fois cette estime atteinte, que l’individu pourra s’intégrer dans un groupe.

Si l’autoréalisation consiste au dépassement de soi, elle semble utile pour accéder à certains groupes reconnus. C’est à force de battre son record personnel (niveau 5 de la théorie) qu’un athlète pourra battre un record national puis, éventuellement, un record mondial. Ces records lui feront rejoindre l’élite et un nouveau groupe (niveau 3). Même à défaut, nous espérons que le franchissement de limites personnelles lui apporteront davantage d’estime personnelle (niveau 4).

Un grand retournement

Le champ sportif n’est qu’un exemple, comme l’indique Maslow le besoin d’autoréalisation peut également consister au désir d’être une bonne mère.17 Nous retrouvons ici le domaine d’illustration déjà utilisé au point précédent et, peut-être, l’explication de la contradiction déjà évoquée. Cette mère qui veille au bien-être de son enfant avant de s’assurer du sien est peut-être mue par ce désir d’autoréalisation. Dans ce cas, celui-ci est bien le premier de la hiérarchie, sa satisfaction amènera l’estime d’elle-même à la maman avant ou en même temps que la reconnaissance du groupe. Cette appartenance lui apportera à son tour plus de sécurité, et encore davantage si elle n’a pas satisfait ses besoins physiologiques.

Conclusions

Nous avons vérifié ce qu’écrivaient Wahba et Bridwell, « La théorie est largement acceptée mais il y a peu de recherches pour la supporter. » 18 Nous n’avons pas en revanche expliqué pourquoi celle-ci a pris une place si importante. Peut-être a-t-elle été favorisée par la guerre froide comme d’autres théories individualistes et matérialistes ? 19 Comme l’indiquait Geertz, elle ne peut effectivement se justifier que dans notre société20, contrairement aux aspirations universalistes de Maslow.

Quand il rédige la préface puis quand il écrit sa théorie en tant que tel. L’auteur ne voit d’ailleurs pas là matière à publication, il semble produire pour justifier son emploi et, sans être pourtant d’une grande modestie, il s’étonnera lui-même du succès de sa production. 21

Pourtant, nous avons vu que les fondements de sa théorie était pour le moins légers, basés sur une expérience courte et limitée de collaboration avec des personnages tout à fait particulier. Nous avons avons vu que sur ces fondations légères, la théorie ne pouvait tenir que moyennant quelques nuances essentielles pourtant oubliées en 70 années de relecture et d’enseignements. A travers ces nuances, nous avons pu démonter le modèle. A travers quelques exemples et notre expérience nous avons même pu, ensuite, inverser l’ordre des niveaux de la pyramide.

Non, bien que les bases de la théorie soient peu solides, elle donnait une explication simple, quasi-universelle de ce qui « devrait » motiver les hommes. Il suffisait de lui enlever ce qu’elle portait de plus subversif. Plus on la simplifierait, plus elle s’imposerait. Plus on l’enseignerait, plus on l’intégrerait.
D’autres théories auraient pu (et pourraient encore) être enseignées à la place de « cette pyramide » mais elles sont soit plus complexes, soit moins porteuses des valeurs occidentales de ces dernières décennies. Remplacer Maslow par Epicure et expliquer que les besoins de l’homme devraient se limiter à l’essentiel pour le rendre heureux par exemple, aurait pu (et pourrait encore) mettre à mal une partie de la croissance économique occidentale de l’après-guerre. Préférer et enseigner qu’un bon salaire n’est pas un facteur de motivation mais qu’un mauvais salaire est un facteur de démotivation aurait sans doute (et aurait encore) des conséquences sur la productivité et l’abnégation des traders ou des grands patrons. Expliquer que les motivations de l’homme dépendent (selon l’une ou l’autre formule complexe) de son vécu et de ses attentes aurait peut-être laissé trop de place à son libre arbitre. En laisseraient-elles encore autant ?

* Je peux creuser et vérifier

1. MASLOW, A.H., « A Theory of Human Motivation », publié originellement dans Psychological Review, 50, 1943, pp. 370-396. Disponible en ligne dans « Classics in the History of Psychology », an internet resource developed by Christopher D. Green, York University, Toronto, Ontario (ISSN 1492-3713). Posté en 2000 et consulté le 3 septembre 2013.
2. Pyramide des besoins de Maslow, Wikipedia http://fr.wikipedia.org/wiki/Pyramide_des_besoins_de_Maslow
3. AllWeWish, Penser à coté de l’individualisme
4. Ibidem note 1. « There are certain conditions which are immediate prerequisites for the basic need satisfactions. Danger to these is reacted to almost as if it were a direct danger to the basic needs themselves. Such conditions as freedom to speak, freedom to do what one wishes so long as no harm is done to others, freedom to express one’s self, freedom to investigate and seek for information, freedom to defend one’s self, justice, fairness, honesty, orderliness in the group are examples of such preconditions for basic need satisfactions. Thwarting in these freedoms will be reacted to with a threat or emergency response. »
5. Ibidem note 1. »So far, we have mentioned the cognitive needs only in passing. Acquiring knowledge and systematizing the universe have been considered as, in part, techniques for the achievement of basic safety in the world, or, for the intelligent man, expressions of self-actualization. Also freedom of inquiry and expression have been discussed as preconditions of satisfactions of the basic needs. True though these formulations may be, they do not constitute definitive answers to the question as to the motivation role of curiosity, learning, philosophizing, experimenting, etc. They are, at best, no more than partial answers. »
6. Ibidem note 1. « There are usually available various cultural paths to the same goal. Therefore conscious, specific, local-cultural desires are not as fundamental in motivation theory as the more basic, unconscious goals. » et « However, it is the common experience of anthropologists that people, even in different societies, are much more alike than we would think from our first contact with them, and that as we know them better we seem to find more and more of this commonness, We then recognize the most startling differences to be superficial rather than basic, e. g., differences in style of hair-dress, clothes, tastes in food, etc. Our classification of basic [p. 390] needs is in part an attempt to account for this unity behind the apparent diversity from culture to culture. »
7. Ibidem note 1. « For instance, if prepotent need A is satisfied only 10 per cent: then need B may not be visible at all. However, as this need A becomes satisfied 25 per cent, need B may emerge 5 per cent, as need A becomes satisfied 75 per cent need B may emerge go per cent, and so on. »
8. Ibidem note 1. « For instance, if I may assign arbitrary figures for the sake of illustration, it is as if the average citizen [p. 389] is satisfied perhaps 85 per cent in his physiological needs, 70 per cent in his safety needs, 50 per cent in his love needs, 40 per cent in his self-esteem needs, and 10 per cent in his self-actualization needs. »
9. PBS. (1998). Abraham Maslow. A Science Odyssey. Found online at http://www.pbs.org/wgbh/aso/databank/entries/bhmasl.html
10. Ibidem note 1. « It is far easier to perceive and to criticize the aspects in motivation theory than to remedy them. Mostly this is because of the very serious lack of sound data in this area. »
11. BRIDWELL, L.G. et WAHBA, M.A. « Maslow reconsidered: A review of research on the need hierarchy theory », Baruch College, The City University of New York USA publié dans Organizational Behavior and Human Performance, Volume 15, Issue 2, April 1976, Pages 212–240 disponible en ligne au format pdf http://larrybridwell.com/Maslo.pdf consulté le 2 octobre 2013
12. Ibidem note 9
13. Ibidem note 1. « (…)It is true that most of the people with whom we have worked have seemed to have these basic needs in about the order that has been indicated. »
14. Being Abraham Maslow, http://www.youtube.com/watch?v=DTFq5QVkKhY
15. KOHN, A. « A Look at Maslow’s “Basic Propositions” » Originally published in Perceiving, Behaving, Becoming: Lessons Learned edited by H. J. Freiberg (Alexandria, VA: ASCD, 1999). Disponible en ligne sur http://www.alfiekohn.org/teaching/maslow.htm consulté le 3 octobre 2013
16. Ibidem note 1. « People who have never experienced chronic hunger are apt to underestimate its effects and to look upon food as a rather unimportant thing. »
17. Ibidem note 1. « The specific form that these needs will take will of course vary greatly from person to person. In one individual it may take the form of the desire to be an ideal mother, in another it may be expressed athletically (…) »
18. Ibidem note 11
19. BENKLER Y. : « The Unselfish Gene », Harvard Business Review, July-August 2011
20. Ibidem note 15. Geertz cité par A.KOHN. « La conception occidentale de la personne en tant qu’univers motivationnel et cognitif borné, unique et plus ou moins intégré, un centre dynamique de la sensibilisaté, de l’émotion, du jugement et de l’action organisé comme un tout et un ensemble distinctifs contrastively contre les deux touts et contre son fond social et naturel, est, aussi incorrigible cela peut nous sembler, une idée assez particulière dans le contexte des cultures du monde. »
21. Ibidem note 14

Je voeu voir la vie en… Dan Pink!

Journaliste au New York Times, au Harvard Business Review… Daniel H. Pink était également le rédacteur des discours de l’ancien Vice-Président américain Al Gore. Depuis, il a rédigé plusieurs ouvrages de psychologie et de sociologie… dans les domaines de la créativité, de la motivation et de la vente.

* Je peux regarder son avis sur la motivation et changer le mien

Conférencier, Dan Pink a présenté certaines de ses conclusions dans l’un des TedTalks les plus visionnés. En question, la motivation par l’argent contre la motivation par le sens, la remise en question de notre système et les perspectives d’un avenir meilleur, à voir ici en video, sous-titrée en Français :

* Je peux lire « A Whole New Mind » ou son résumé

Le livre a également été traduit en Français: « L’Homme aux deux cerveaux ». Je peux en lire le résumé en Français sur des-livres-pour-changer-de-vie ou acheter la version complète en Anglais ou en Français.

Les références du livre en Français: « L’Homme aux deux cerveaux », Robert Laffont, 2007, 288pp.  ISBN-13: 978-2221104620
Les références de l’original en Anglais: « A Whole New Mind: Why Right-Brainers Will Rule the Future », Riverhead Business, 2006, 288pp. ISBN-13: 978-1594481710

 * Je peux lire « Drive » ou son résumé

Le bestseller a été traduit en Français: « La Vérité sur ce qui nous motive » . Je peux également lire son résumé en Français sur esprit-riche ou regarder une petite présentation dessinée en Anglais

…ou acheter le livre en Français ou en Anglais:

Les références du livre en Français: « La vérité sur ce qui nous motive: Tout ce qu’il faut savoir pour transformer sa vie et aller de l’avant », Leduc, 2011, 256pp. ISBN-13: 978-2848994543
Les références de l’original en Anglais: « Drive: The Surprising Truth About What Motivates Us », Riverheads Book, 2011, 272pp. ISBN-13:978-1594484803

* Je peux lire « To Sell Is Human » ou son résumé en Français

Daniel Pink y explique en quoi la vente a évolué et pourquoi nous pouvons tous être considérés comme des vendeurs… puis évidemment, comment être un bon vendeur et que faire pour vendre ou pour « persuader, convaincre et influencer les autres ».

 Je voeu savoir si vendre est humain.

Je voeu savoir si vendre est humain (résumé de « To Sell Is Human » en français)

Daniel Pink et To Sell is Human en Français avec AllWeWishPour répondre à la question, un petit résumé en Français du dernier ouvrage de Daniel H. Pink : « To Sell Is Human: The Surprising truth about persuading, convincing and influencing others.  »

Parti du constat que nous sommes à présent tous devenus des vendeurs Dan Pink nous propose un nouvel ouvrage sur l’Art de la Vente. Constatant le weekend dernier mon manque d’enthousiasme à la vente des nouveaux T-shirts de l’association lors d’un souper entre amis, je me décide à résumer ce livre lu lors de mes vacances de Printemps pour me le remémorer (et voir où j’ai péché), pour vous en faire profiter.

En effet, nous sommes tous des vendeurs et vendre est devenu humain. Le journaliste du New-York Times consacre trois chapitres à le montrer et les suivant à expliquer comment être et comment faire pour persuader, convaincre et influencer les autres.

De plus en plus de vendeurs

Même si les vendeurs au porte à porte sont de moins en moins nombreux, même si l’acte de vente est de plus en plus automatisé, la vente occupe encore un Américain sur neuf, un Anglais sur dix, un Européen ou un Japonais sur huit. Même après la crise financière et l’avènement du commerce électronique, nos économies emploient plus de vendeurs que d’ouvriers ou de fonctionnaires (à vérifier pour l’Europe).

Pour estimer le temps que passent les autres travailleurs à persuader, convaincre ou influencer les autres (collègues, supérieurs, banquiers, fournisseurs…), l’auteur a commandé une étude. Les 9000 interrogés (un échantillon de taille) passent en moyenne 40% de leur temps à la vente non-commerciale et ils considèrent la tâche comme essentielle au succès professionnel.

Aux vendeurs traditionnels et aux employés des grandes entreprises, il faut encore ajouter les patrons de PME qui passent leur vie à vendre (de manière traditionnelle autant que non-commerciale) et leurs employés (dont les tâches ne sont pas spécialisées comme elles le sont dans les multinationales).

L’auteur ajoute encore à son analyse les travailleurs de deux secteurs en expansion : la santé et de l’éducation. Les méthodes de l’une et de l’autre évoluent, infirmier, médecin ou enseignant savent aujourd’hui que la guérison ou l’apprentissage ne s’obtiennent qu’avec la participation du malade ou de l’élève.

Tous nous devons régulièrement obtenir quelque chose en échange d’une autre. Plus forcément de l’argent en échange d’un produit ou d’un service. Plus souvent l’attention, le temps, l’adhésion d’un collègue, d’un élève, d’un patient… L’auteur ajoute aux ventes traditionnelles, les ventes non-commerciales.

Etes-vous vendeurs ?
1. Gagnez-vous votre vie en essayant de convaincre les autres d’acheter un produit ou un service ?
Si vous avez répondu oui, vous êtes vendeur (mais vous le saviez sans doute déjà). Si vous avez répondu non, allez à la question 2.
2. Travaillez-vous pour vous-même, même à titre complémentaire ?
Si oui, vous êtes en vente – probablement un mix de ventes traditionnelles et de ventes non-commerciale. Si non, allez à la question 3.
3. Votre travail demande-t-il des capacités élastiques (la capacité de croiser les fonctions, de travailler en dehors de votre spécialité, et de faire des choses différentes sur une journée) ?
Si oui, vous êtes certainement en vente – surtout de la vente non–commerciale mais peut-être aussi un peu en vente traditionnelle ça et là. Si non, allez à la question 4.
4. Travaillez-vous dans l’éducation ou la santé ?
Si oui, vous êtes en vente – le meilleur des mondes de la vente non-commerciale. Si non, et si vous avez répondu non aux trois premières questions, vous n’êtes pas en vente.

Des vendeurs de plus en plus humains

Les vendeurs d’aujourd’hui sont plus humains, moins roublards que ceux d’autrefois. En tout cas, ils devraient l’être. Si autrefois, les commerciaux pouvaient profiter de l’ignorance de leurs clients pour conclure une vente ceux-ci sont aujourd’hui souvent mieux informés qu’eux-mêmes. Grâce à Internet, ils ont accès aux sites des producteurs et des concurrents, aux prix pratiqués, aux fiches techniques et aux évaluations d’autres internautes-consommateurs.

Le vendeur d’aujourd’hui jouit de moins en moins de l’asymétrie de l’information. Il peut de moins en moins tromper l’acheteur. S’il le fait, il s’expose bien plus qu’avant au retour de bâton  L’acheteur déçu ne se contente plus de le dire à son voisin, il prévient ses amis par email, il le poste sur son mur Facebook, il se lâche sur les sites de conseils à l’achat. Voilà pourquoi d’après Dan Pink, le caveat emptor (que l’acheteur soit vigilant) doit  être remplacé par le caveat emptor (que le vendeur soit vigilant).

Comment être ?

Dan Pink résume les trois qualités d’un bon vendeur : syntone, résistant et clair.

Syntonie (Attunement)

Cette « parfaite harmonie avec son environnement » et son interlocuteur repose sur trois principes, tous trois scientifiquement prouvés :

« augmenter son pouvoir en le réduisant »
Moins on se sent fort, plus on est capable d’empathie à l’égard des autres (et vice versa). Ça parait logique, c’est scientifiquement prouvé (et ça peut expliquer quelques problèmes politiques en ces temps d’austérité – NDLA). Le vendeur a déjà perdu du pouvoir en perdant son exclusivité d’information. Pour pouvoir se mettre à la place de son client, il doit encore davantage se considérer comme faible… et son apparente faiblesse s’avèrera une force réelle.

« utiliser sa tête autant que son cœur »
Empathie ou prise de perspective ? La première tient du cœur, la seconde de l’esprit. Des chercheurs ont prouvé que la seconde est la plus efficace. La prise de perspective permet d’avancer avec son client vers une situation dont chacun ressort gagnant. L’empathie, même si elle est vertueuse, tend à faire passer les exigences ou les besoins du client avant ceux du vendeur. Ce constat et cette recherche d’un rapport gagnant-gagnant rappelle également l’importance des relations et des échanges, notre évolution dans un monde systémique. Face à un groupe, il s’agira de reconnaître le rôle et le pouvoir de chacun, que l’on tente de vendre une machine à café ou une nouvelle façon de travailler.

« imiter stratégiquement »
La syntonie n’est pas seulement psychologique. Elle comprend également une part d’exercice physique. Il s’agit d’adopter le comportement de son interlocuteur. Evidemment ce mimétisme doit rester discret, stratégique. Il ne peut être remarqué par l’interlocuteur sous peine de produire un effet inverse. Son efficacité est prouvée par un grand nombre de recherches et confirmée par des professionnels de la vente.

Intro- ou extraverti ? On imagine le bon vendeur extraverti presqu’arrogant… Des études montrent que les meilleures ventes ne sont réalisées ni par les extravertis, ni par les introvertis. Les meilleurs vendeurs se situent à un niveau intermédiaire d’extravertion. Un niveau au sommet d’une courbe de Gauss… où se situent, c’est une nouvelle bonne nouvelle, la majorité d’entre nous.

Résistance (Buoyancy)

Même le meilleur vendeur est confronté aux refus. Pour flotter sur cet océan d’adversité, Dan Pink propose à nouveau trois grands principes. Ceux-ci s’appliquent avant, pendant et après la vente.

Avant : Le monologue interrogatif
Même s’il faut à tout prix éviter le monologue négatif du type « je ne suis bon à rien », le monologue positif vanté par les gourous de la réussite du siècle dernier « je suis le meilleur » n’est pas le plus efficace. A partir de son expérience et des travaux de recherche réalisés aux Etats-Unis, Dan Pink propose, à la place, le monologue interrogatif tel qu’il est pratiqué par Bob le bricoleur : « Pouvons-nous résoudre le problème ? »

L’avantage prouvé de l’interrogation face à l’affirmation tient d’abord dans le fait qu’elle amène plusieurs réponses, et parmi celles-ci, vraisemblablement la ou les bonnes. L’interrogation entraîne la définition d’une stratégie à partir des ressources disponibles.
Un exemple ? Comparez « Je suis le meilleur, ce sera du gateau » avec « Puis-je faire un bon pitch ? » Si le premier monologue peut donner un coup de boost, le second entraine une réflexion : « – Eh bien oui, je l’ai déjà fait une douzaine de fois. Je peux le refaire, je connais le sujet et j’ai de bons exemples à donner pour persuader les septiques. » ou « La dernière fois, j’ai parlé trop vite. Cette fois-ci, je vais ralentir et respirer… »

Pendant : Les ratios de positivité
Des expériences ont montré qu’il était plus facile d’accepter une hausse de prix quand celle-ci était annoncée de façon positive, avec le sourire et un ton amical. D’après Barbara Frederickson, spécialiste de l’optimisme, les émotions positives élargissent le champ des possibles, elles nous rendent plus réceptifs et plus créatifs.

Il ne s’agit pourtant pas de se noyer dans l’optimisme. Pink s’autorise un petit détour par la question du bien-être pour démontrer la nécessité d’une part de négativité. Une expérience tentant de mesurer l’impact des bonnes et des mauvaises expériences sur le bien-être. Ressentir plus d’expériences négatives que de positives entraîne le même niveau de bien-être que de ressentir autant des unes que des autres. C’est à partir de 3 expériences positives pour 1 négative que le bien-être augmente réellement et, phénomène plus étonnant, il redescend à partir de 11 expériences positives pour 1 négative.

Ces résultats doivent rappeler la nécessité d’une « négativité appropriée », celle qui garde nos pieds sur terre. De quoi aussi se rassurer en cas d’échec ou de rejet.

Après : Le style explicatif
A la question « pourquoi ai-je échoué ? », certains d’entre nous donnent des réponses permanentes, persuasives et personnelles : « c’est de ma faute et ça va durer toujours. » Cette vision transforme les problèmes en désastres. Les habitués de l’explication optimiste par contre, ceux qui voient les rejets comme temporaires, spécifiques et externes (« Ce n’était pas le/son/mon jour », « Ce client est impossible », « Ça ira mieux demain ») montrent en revanche une grande résistance dans leur emploi et de meilleurs résultats de vente.

Clareté (Clarity)

D’après Pink, la clareté nécessaire au bon vendeur est en fait la capacité d’aider les autres à voir leur situation sous un angle nouveau et révélateur ainsi qu’à identifier les problèmes qu’ils ne pensaient pas avoir.
Trouver les problèmes
Depuis longtemps, le bon vendeur est vu comme quelqu’un qui solutionne un problème. Pourtant, aujourd’hui n’importe qui ou presque peut trouver des solutions. Le secret de la créativité, ce qui va faire la différence, réside dans la définition des problèmes plutôt que dans la définition des solutions. Une fois encore, Dan Pink appuie son propos de plusieurs études.

Il l’illustre également d’un exemple concret : Celui qui cherche un aspirateur trouvera facilement le meilleur modèle au meilleur prix sur Internet. Pourtant, son problème est moins de trouver un aspirateur que d’avoir des sols propres. Une fois redéfini, de nombreuses autres solutions apparaissent : un nouveau revêtement de sol, une femme de ménage, un vitrage ne laissant plus passer la poussière extérieure…
Touver son contrast
La clareté dépend encore d’un contraste. Nous comprenons en général mieux les choses en les comparant à d’autres que quand nous les observons isolément. Mais les comparer à quoi ? Cinq cadres sont proposés par l’auteur :

– Le cadre « moins » consiste à restreindre les possibilités (trop de choix tue le choix),
– le cadre « expérience » consiste à mettre en avant l’utilisation d’un bien plutôt que le bien en lui-même,
– le cadre « marque » consiste à nommer la proposition,
– le cadre « atténué » consiste à mettre en avant les qualités de ce que l’on veut vendre en mentionnant également un de ses défauts et
– le cadre « potentiel » consiste à rappeler le potentiel à venir de ce que l’on voit, si il s’agit de soi lors d’un entretien d’embauche, ajouter à son expérience ce que l’on peut faire dans les prochains mois.
Trouver une porte de sortie
Les « clients » auront plus de chance de se mettre en marche s’ils savent comment le faire. C’est également démontré par une étude scientifique. Le bon « vendeur » expliquera aussi le plus clairement possible la démarche en cas d’acceptation, qu’il s’agisse d’une vente traditionnelle, d’un changement dans le comportement ou nouvelle façon de travailler.

Que faire ?

Après avoir expliqué comment être, l’auteur présente le « comment faire » en trois chapitres : pitcher, improviser et servir.

Pitcher

Dan Pink propose six types de pitches actuels : un mot, une question, une rime, un objet (pour titrer les emails), un tweet et le pitch Pixar (sur lequel a été construit l’ensemble des dessins animés de l’entreprise)

A titre d’exemple, tentons de pitcher AllWeWish :
– en un mot : « réaliser »
– en une question : « Que puis-je faire pour changer le monde?»
– en une rime : « Des rêves et des solutions pour une rêvolution ! »
– en un objet : à voir dans nos prochaines wishletters (inscrivez-vous)
– en un tweet : à voir quand nous serons sur le réseau
– façon Pixar : « Il était une fois un monde qui n’allait pas bien, remplis de gens qui voulaient ce qu’ils n’avaient pas. Chaque jour, les plus courageux se demandaient ce qu’ils pouvaient faire pour l’obtenir, les autres acceptaient leur quotidien. Un jour, AllWeWish est apparu pour rassembler les vœux et les solutions. A cause de ça, les gens ont trouvé les moyens de réaliser leurs vœux. A cause de ça, ils ont également découvert comment participer à un monde meilleur. Jusqu’à ce que finalement, le monde devienne meilleur : sans chômage, sans guerre, sans famine… sans inégalités. »

Improviser

Bien improviser c’est entendre les offres de son partenaire, lui répondre « oui et… » et lui donner le bon rôle:
Entendre les offres
Un bon improvisateur se base sur les réactions de son partenaire. Entendre les objections de son client pour pouvoir y répondre est depuis toujours l’une des clés du processus de vente. « L’homme est pourvu de deux oreilles mais n’a qu’une seule bouche. » D’après certaines études nous passerions jusqu’à un quart de notre temps éveillé à écouter les autres, mais les entend-on réellement?

Pour améliorer cette faculté d’écoute, Pink tire un exercice d’une formation de management qu’il a suivie : attendre 15 secondes avant de répondre à son interlocuteur. Une fois que l’on commence à écouter réellement, nous pouvons entendre des choses à coté desquelles nous serions passés et nous pouvons adopter les perspectives de notre partenaire (devenir syntone).

Tentez de vendre par exemple un T-shirt équitable pour financer votre première campagne. Votre ami répondra rarement « non ». S’il refuse, il expliquera son objection : « Je n’ai pas les moyens maintenant », « J’ai assez de T-shirts à la maison »,… Entendre la cause de son refus, c’est entendre son offre. Il devient possible alors d’y répondre par une commande pour la prochaine production, par une proposition de bénévolat ou, dans le deuxième cas, par un appel aux dons à l’association…
Dire « oui et… »
La sagesse populaire encourage l’emploi du « oui mais… ». Pourtant d’après l’auteur, celui-ci entraîne une spirale négative alors que l’emploi du « oui et… » entraîne une spirale positive, bien plus constructive et bien plus engageante.

Laisser le bon rôle à son partenaire

En fait « make him look good » grâce à une approche gagnant-gagnant. A notre époque de symétrie et de diffusion de l’information, il est devenu risqué de tenter le gagnant-perdant. Pourtant, bien que nous baignons dans le concept « win-win », nous n’en expérimentons pas toujours l’application. Pour nous entraîner, Pink propose un exercice applicable dans un débat pour ou contre : Répondre aux arguments de l’adversaire par des questions ouvertes et sincères. Celles-ci lui laisse le bon rôle et l’occasion de présenter ses perspectives. Ses réponses nous donnent l’occasion de comprendre son point de vue.

Servir

Le service va ici au-delà du sourire adressé au client ou du délai de livraison de la pizza. Pour Pink, le service n’implique rien de moins que de changer la vie des gens et par là de changer le monde… mais arriver à un tel niveau implique deux principes : rendre personnel et donner du sens
Rendre personnel
Une expérience dans le monde médical a montré à plusieurs reprises que les radiologistes analysent mieux les radios qui leur sont confiées quand celles-ci sont associées à la photo et aux caractéristiques des patients. Depuis, plusieurs hôpitaux ont adapté leurs pratiques et personnalisé le rapport au patient. Il est temps pour les vendeurs de personnaliser également leur rapport au client.

Cette personnalisation a deux sens, à la fois reconnaître la personne que l’on sert en tant qu’individu et se présenter personnellement derrière ce que l’on souhaite vendre.

Pour ce deuxième aspect, Dan Pink prend l’exemple de M. Furragio patron d’un restaurant « il canale » à Washington DC. Farrugio à afficher sa photo et son numéro de téléphone dans le hall du restaurant « Nous avons besoin de votre aide ! Si vous vivez moins qu’une grande expérience à « il Canale » appelez –moi » suivi de son numéro de portable. Plus qu’un contrôle sur ses employés en son absence, l’affiche rend son offre concrète et personnelle.
Donner du sens
Une autre expérience en milieu hospitalier illustre ce second principe. Les médecins et les infirmiers sont plus enclins à utiliser du savon antibactérien si on leur rappel les risques sur la santé de leurs patients que si on leur rappelle les risques sur leur propre santé. Il en va de même pour des opérateurs de centres d’appel tentant de rassembler des promesses de dons. Ceux-ci sont plus efficaces si on leur rappelle le bénéfice des fonds levés pour leurs bénéficiaires que si on leur rappelle le bénéfice de l’opération pour eux-mêmes. Curieusement, dans notre société individualiste, les arguments de type extérieur restent plus motivants, plus prompt à faire bouger les autres que les arguments individualistes (heureusement que sur AllWeWish, on rassemble les deux)

Voilà donc comment Daniel Pink envisage la vente au temps des réseaux : beaucoup plus humaine.

Pourquoi donc n’ai-je pas vendu davantage de T-shirts ? Et plus largement pourquoi ce site, ne compte pas plus de 10000 visiteurs par an ?

Pour les T-shirts, je n’ai pas osé amener le sujet dans la conversation. C’est un ami qui m’en avait commandé qui m’a demandé si je les avais en me reconduisant en voiture. Il était trop tard pour en parler aux autres ce soir là. A ce jour, 5 ont été vendus, il me reste à vendre les 5 restant en stocks et à prendre des commandes pour le mois d’août. Leur vente dépend d’abord de moi

* Je peux en lire et en voir davantage de Dan Pink

En commençant par acheter « To Sell Is Human », chacune des expériences et études sur lesquelles il base sa théorie sont référencées. Chaque chapitre est suivi de conseils pratiques et de liens utiles.

Journaliste au New York Times, au Harvard Business Review… Dan Pink est l’auteur d’autres ouvrages. Si celui résumé ici est consacré à la vente, son Best-Seller « Drive » s’attaquait aux questions de la motivation, montrant d’autres constats aussi surprenants. Cet ancien rédacteur des discours d’Al Gore, également conférencier, a présenté certaines de ses conclusions dans l’un des TedTalks les plus visionnés. En question, la motivation par l’argent contre la motivation par le sens… et les perspectives d’un avenir meilleur, présentées (en video)  dans l’article suivant :

Je vœu voir la vie en… Dan Pink.

* Je peux en lire et en voir davantage pour convaincre

AllWeWish rassemble également d’autres documents (vidéos, articles…) utiles pour faire bouger les autres. Si un monde meilleur commence par soi, il passe aussi par les autres :

Je vœu convaincre.

* Je peux acheter les T-Shirts

L’association, et moi-même nous vous proposons de participer à la prochaine campagne AllWeWish en achetant nos T-shirts équitables.

Vendus au prix de 15EUR, ils apportent 7,5EUR à Deva qui pourra nourrir sa famille, instruire son fils, envoyer de l’argent au village et 7,5EUR à AllWeWish pour financer la redéfinition du bien-être… il en reste 5 mais nous prenons les commandes pour les grandes vacances (la campagne sera lancée à la rentrée)

Je voeu des T-Shirts équitables.

Je voeu les causes de la faim dans le monde.

« Un problème sans solution est un problème mal posé. »
(A. Einstein)

La faim dans le monde peut sembler inéluctable. Pourtant en analysant ses causes, nous pourrons poser le problème différemment et partager l’utopie en actions concrètes, efficaces et quotidiennes. Nous avons tenté de les présenter de manière simple, mais formelle, dans une sorte d’arbre des problèmes:

Les causes de la faim dans le monde via AllWeWish

Cet arbre est expliqué et documenté dans la suite de cet article au travers des 4 problèmes que nous avons jugés « principaux ». Parmi eux, deux facteurs influencent directement la faim dans le monde:

1. L’inaccessibilité économique des aliments (quand ils sont trop chers) et
2. leur inaccessibilité physique (quand ils sont trop loin pour être consommés)

Deux autres sont également jugés principaux tant ils influencent le reste de l’arbre:

3. les guerres civiles et les conflits armés et
4. les problèmes climatiques.

Avant de commencer:
Bien que représentés dans notre arbre, deux facteurs ne sont pas développés dans cet article. Les salaires insuffisants (ou le manque de travail) influencent bien entendu l’accès économique à l’alimentation. Ceux-ci sont la conséquence du retard économique des pays pauvres, et ce retard nous semble être une des conséquences de la faim. Les maladies (et le manque de soin de santé) influencent également la production dans les pays du Sud. Pourtant ces maladies sont largement dues à la sous-alimentation et le manque de soin, comme le manque de travail, nous semble lui aussi dû au retard économique des pays pauvres… Des solutions à ces problèmes (majeurs) sont pourtant rassemblées dans notre article pour la fin de la faim dans le monde.

1. L’inaccessibilité économique

Indices des prix alimentaires de 1990 à 2011Les prix ont flambé et flambent à nouveau. En dépensant 70% de leur budget dans leur nourriture, les populations du Sud vivent les variations de prix beaucoup plus durement que celles des pays développés où l’alimentation ne représente en moyenne que 19,40% du budget d’un ménage de l’Europe des 27 (en y incluant boissons et cigarettes!) A l’échelle nationale les pays exportateurs profitent des hausses, les importateurs les subissent de plein fouet

Pourquoi ces variations? Pourquoi ces augmentations ? Elles sont la conséquence du libre marché et des facteurs qui influencent l’offre et la demande:

1.1 « libre marché »?

Libre marché loi de loffre et de la demande - D augmente
Dans un marché totalement libre, les quantités et les prix s’ajustent aux points d’accord entre l’offre et la demande. Sur le graphique ci-joint, la demande est représentée par la courbe D1. La courbe indique que la quantité (Q) demandée augmente à mesure que le prix (P) diminue. Si la demande augmente elle passe de D1 à D2 et si l’offre (S) ne change pas, le prix augmente de (P1 à P2)

Le fonctionnement du libre marché, le site Finance-Banque l’explique de façon plus cynique:  « il faut voir l’argent comme « une carte de rationnement », semblable à celles utilisées dans le communisme. Si un individu a plus de cartes de rationnement (c’est-à-dire plus d’argent), il peut avoir plus d’un article particulier. S’il a moins de cartes de rationnement, il ne pourra pas acheter autant de marchandises. Donc, sous cette rationalisation, le système entier du marché est vraiment juste un système de rationnement qui détermine qui achète quoi et à combien. »

Le prix des denrées alimentaires devrait-il être fixé par le marché ou par une quelconque administration, qu’elle soit nationale ou internationale? La question se pose depuis le 18e siècle. La réponse préférée jusqu’ici en Occident a été le marché, jugé plus performant à la fois pour le vendeur, pour l’acheteur et pour la Société. L’ex-URSS l’a justifiée en montrant les limites d’une administration qui voudrait tout planifier.

Pourtant si le libre marché en vient à rationner des populations et à les priver d’un droit reconnu comme Universel,  il semble vital de le réguler.

Cette régulation s’exercera, espérons-le, un jour au niveau politique. Aujourd’hui, puisqu’il est en place, voyons quels facteurs influencent le marché …d’ailleurs, pas si libre… des ressources alimentaires pour découvrir ensuite comment nous pouvons l’influencer.

1.2 Accroissement des populations

C’est indéniable, la Accroissement de la population mondialepopulation mondiale ne croît pas, elle explose! « Chaque jour, la planète se peuple de 200 000 nouvelles bouches à nourrir. D’ici à 2050, la population mondiale devrait atteindre 9,2 milliards d’individus contre 6,7 milliards aujourd’hui. » Les vendeurs d’engrais, de pesticides et d’OGM voit une solution à la faim dans le monde dans l’augmentation de leur chiffre d’affaires.

Pourtant les famines ne sont pas liées à un problème de production mais à un problème de répartition. Le site de la FAO indique par exemple : « Le monde produit actuellement suffisamment pour nourrir tous les habitants de la planète, mais un grand nombre d’entre eux n’y ont pas accès. »

Actuellement, mais demain? Ce n’est pas parce qu’on a assez pour nourrir 7 milliards d’individus qu’on en aura encore assez pour en nourrir 9. Pourtant les solutions existent, elles apparaissent en filigrane dans les causes qui suivent (en particulier au 1.4) et sont rassemblées dans un autre voeu.

1.3 Accroissement de la « qualité »

C’est indéniable non plus, le niveau de bien-être d’une partie de la population croît aussi. C’est le cas de l’Europe de l’Est mais aussi de la Chine et de l’Inde. Et c’est tant mieux ! En gagnant plus de moyens de consommer, les habitudes alimentaires changent. On mange à sa faim, on ajoute de la viande dans le potage aux légumes, on fréquente les fastfoods… et, en gros, en gras, on prend les mauvaises habitudes alimentaires des pays industrialisés.

En juillet 2010, le Ministère de l’agriculture canadien prévoyait : « une hausse de 40% de la demande mondiale de viande d’ici à 2025 » et confirmait: « La plus grande croissance de demande de viande aura probablement lieu au sein de marchés émergents en Asie, particulièrement en Chine. Cette croissance est stimulée par un viandes fraicheschangement des modèles de régime alimentaire, une hausse du niveau de vie, et d’un accroissement de la population et de l’urbanisation… »

Homme-nivore? D’après plusieurs sites écolos, il faut entre dix et quinze kilo de grains pour obtenir un kilo de boeuf. Un article du NouvelObs (Frères humains, devenez végétariens) paru en mai 2008 évoque un ratio calorique de 1 à 4 pour le poulet ou le porc (C’est-à-dire qu’il faut 4 calorie végétales pour obtenir une calorie animale) et un ratio de 1 à 17 pour le boeuf. Il constate aussi que 60% de la production céréalière est consommée par les élevages et que 80% de ces 60% pourrait l’être par l’homme. Mais ces chiffres ne sont pas certains, en lieu et place du 80, le World Resource Institute mentionne 37.

On pourrait nuancer encore: d’abord, la qualité des grains  utilisée pour l’alimentation du bétail ne serait pas assez bonne que pour être consommée par l’homme et il en est évidemment de même pour les tourteaux (résidus du pressage dans la production d’huiles). Les sols utilisés pour le pâturage ne sont pas assez riches non plus pour la culture céréalière. Et enfin, « la viande et les produits carnés contiennent des niveaux considérables de protéines, vitamines, sels minéraux et oligoéléments, essentiels à la croissance et au développement. » (FAO)

En attendant, les réponses aux questions posées à la FAO, nous pouvons sans doute considérer que le problème réside moins dans l’élevage et la consommation de viande que dans l’élevage intensif et la consommation excessive.

Cette amélioration de la qualité de vie, à défaut d’une véritable amélioration de la qualité de l’alimentation, entraîne une pression supplémentaire la demande alimentaire et sur les prix.

1.4 Le gaspillage

Le 17 février 2009, à l’occasioEstimation des pertes et du gaspillage aux différents stades de la production alimentairen de sa réunion annuelle à Nairobi, le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) publie dans un rapport consacré à la sécurité alimentaire:  » Plus de la moitié de la nourriture produite aujourd’hui est perdue, gaspillée ou jetée en raison de l’inefficacité de la gestion humaine de la chaîne alimentaire. Le rapport montre bien qu’en gagnant en efficacité, nous pourrions nourrir toutes les populations futures tout en préservant la vie des oiseaux, des poissons et autres animaux sauvages. »

« The environmental food crisis : Environments role in averting future food crises »
Le rapport illustre par quelques exemples: « Aux États-Unis, selon de récentes estimations, de 40 à 50 % des aliments sont gaspillés ou perdus. Près d’un quart des fruits et légumes frais sont jetés entre le champ et la table. En Australie, la moitié du contenu des décharges est constituée de résidus alimentaires. Près d’un tiers des aliments achetés au Royaume Uni chaque année n’est pas consommé. »

Ou encore: « Avec tous les poissons rejetés actuellement en mer (30 millions de tonnes par an selon certaines estimations) on nourrirait plus de gens que si la production piscicole et aquacole augmentait de moitié, augmentation nécessaire si l’on veut maintenir d’ici 2050 les niveaux actuels de consommation annuelle par habitant sans qu’augmente la pression sur un environnement marin déjà fortement sollicité. »

Voici donc une nouvelle pression couteuse exercée sur la demande mais une première perspective positive pour l’avenir: En arrêtant le gaspillage, nous pourrions faire baisser la demande de moitié et en tant que consommateurs nous avons tous les pouvoirs sur plusieurs maillons de la chaîne: du magasin au frigo, du frigo à l’assiette et de l’assiette à la poubelle.

1.5 Les biocarburants

En 2006, la FAO annonçait déjà une vaste expansion de l’utilisation industrielle des céréales sous l’effet essentiellement de la forte demande dans le secteur du bioéthanol. Production de bioethanol de 2010 a 2020 selon matiere agricoleL’OCDE confirme en 2010: « L’utilisation des biocarburants représente une part importante de la production mondiale de céréales, de sucre et d’huile végétale. »

L’Organisation précise dans un autre article que, de 2008 à 2010, 11% de la production de céréales secondaires (maïs, orge, sorgho), 11% de la production mondiale d’huiles végétales et 21% de la production de sucres ont été transformés pour faire rouler les voitures. Cette « nouvelle » demande devrait également s’accroître d’ici 2020 (en rose dans le graphique de droite)…

…et accentuer la pression sur la demande et sur les prix. Inéluctable? Presque! En tant que consommateurs et investisseurs nous pouvons également exercer des pouvoirs sur le secteur énergétique.

1.6 La spéculation

Un décideur illustre en janvier 2011 : « Il y a quelques semaines sur le marché du cacao un intervenant financier a acheté à lui tout seul 15% des stocks, comme ça. C’est-à-dire que sur ces marchés là, n’importe qui peut acheter n’importe quelle quantité sans d’ailleurs la payer, la revendre n’importe comment au moment où il le souhaite, empocher la plus-value sans être obligé, ni d’avoir livraison de la cargaison physique, ni d’avoir bloqué une partie de la somme engagée. Voilà la réalité telle qu’elle est. » (Nicolas, lors d’une conférence de presse)

La FAO se veut prudente quant à l’impact de la « financiarisation » des marchés des matières premières : « Quand la financiarisation des ressources n’est généralement pas vue comme une source de turbulence des prix, l’évidence suggère que les échanges sur les marchés à terme peut avoir amplifié la volatilité des prix à court terme. »

L’OCDE ne reprend pas non plus la spéculation dans les causes de l’inflation en tant que telle, elle indique néanmoins : « Plus récemment, on a également observé une augmentation significative des investissements d’origine non traditionnelle sur les marchés des produits dérivés agricoles, que ce soit pour des motifs de diversification de portefeuille ou de spéculation. Il est probable que ce phénomène ait contribué à la hausse des prix sur les marchés à court terme et vienne alimenter l’envolée actuelle des prix sur les marchés au comptant. »

Jean Ziegler, rapporteur des Nations Unies au Droit à l’alimentation jusqu’en 2008, lui n’y va pas par quatre chemins : « les prix alimentaires (aliments de base c’est-à-dire riz, maïs, céréales qui couvrent 75 % de la consommation mondiale) ont explosé en raison de la spéculation des hedge funds et grandes banques (…) Les spéculateurs financiers ont perdu des milliers et des milliers de milliards de dollars lors de la crise financière de 2008 et de 2009. Ils ont quitté les Bourses de papier valeur et ont migré vers les Bourses des matières premières agricoles. Légalement, avec les instruments spéculatifs ordinaires, ils réalisent des profits astronomiques sur les aliments de base. Actuellement, la tonne de blé meunier est à 270 euros. Il y a an, elle était de moitié. La tonne de riz a plus que doublé en un an et le maïs a augmenté de 63 %. Les pays pauvres ne peuvent donc même plus acheter les aliments à même de constituer des réserves. »

L’UNCTAD confirme dans son rapport sur le commerce et le développement de 2008. Ni l’augmentation de la demande, ni les diminutions de la croissance des rendements de production et des stocks mondiaux, ni même la faiblesse du dollar ne pouvaient expliquer l’explosion des prix des matières agricoles. Cette explosion était due à la  réorientation des placements des fonds d’investissements dans les contrats à terme sur le marché alimentaire suite à la crise financière de 2007. Elle estimait d’ailleurs l’augmentation de ces opérations à 32% (p.8) pour la même année et, tous marchés de matières premières confondus, à une multiplication par 20 entre 2003 et 2008.

Voici donc, il semblerait, la principale cause de ces prix trop élevés pour les trop pauvres. Sauf intervention internationale, le phénomène n’est pas prêt de s’arrêter. Pourtant une fois encore des solutions existent au niveau individuel, en tant qu’investisseur, pour lutter contre la spéculation.

1.7 La hausse des coûts de production

« Le prix du pétrole, et plus généralement les prix de l’énergie, constituent un facteur décisif contribuant à l’augmentation des coûts de production des produits agricoles et alimentaires et, au final, des prix de ces biens sur le marché. Les projections de prix examinées ici renvoient à l’idée largement répandue selon laquelle la hausse du prix du pétrole est permanente et entraînera les prix vers des niveaux moyens toujours plus élevés. » (OCDE)

Bien entendu, sur le libre marché, le prix n’est pas fixé par le seul vendeur ou producteur soucieux de couvrir ses coûts et de trouver une rémunération à son travail mais par un équilibre entre l’offre et la demande. (voir : je vœu en savoir plus sur la crise laitière) Celui qui a produit à perte une ou plusieurs saisons peut néanmoins décider de se retirer du marché (alors qu’il pourrait passer à la production bio), diminuer l’offre et faire grimper les prix.

Il faut encore ajouter un deuxième impact de la hausse des prix du baril sur le marché agricole: Cette hausse fait aussi grimper la valeur et la rentabilité des substituts du pétrole, dans ce cas le bioéthanol, et augmente donc par la même leur demande en matières premières. In fine, elle fait une deuxième fois grimper les prix des céréales.

1.8 La concurrence déloyale

A titre d’exemple, en 2004, le poulet français arrivait à Dakar à 0,39EUR/kg et y était vendu sur les marchés à 1,80EUR/kg alors que le poulet local devait être vendu jusqu’à 3EUR/kg.

Outre des différences de tailles entre les prétendues sociétés coopératives européennes et les multinationales de l’agroalimentaires d’un côté, et, de l’autre, les petits agriculteurs africains, la déloyauté s’exerce aussi entre Etats et elles peuvent être de différents types.

Les subventions accordées aux agrLes aides aux agriculteurs par paysiculteurs (illustrées ici en pourcentage du salaire de l’agriculteur) ne sont qu’une des nombreuses formes de barrières à l’échange et à la libre concurrence : droits de douanes, quotas, règles de sécurité et d’hygiène… s’y ajoutent.

Celles utilisées sur le Marché alimentaires sont discutées dans le cadre de l’Organisation Mondiale du Commerce depuis 1994 mais les pays industrialisés « continuent de refuser de diminuer suffisamment leurs subventions agricoles, maintiennent des niveaux excessifs de protection et interdisent aux pays en développement la flexibilité qui leur permettrait de défendre les agriculteurs pauvres contre les importations à prix cassés. » (Oxfam)

Nous verrons si les arguments de l’Occident tiennent lors de la reprise des négociations en vue d’une nouvelle phase de libéralisation des échanges. Et il faudra en tout cas trouver l’équilibre entre ,d’une part, l’ouverture et l’import-export et, d’autre part, la consommation locale et la souveraineté alimentaire.

Patrick Caron, un des directeurs scientifiques du Cirad estime qu’« il est très probable que l’on aura encore un fort besoin d’échanges, avec des régions très importatrices et d’autres très exportatrices. Mais, dès lors que l’on introduit les questions de sécurité alimentaire et d’environnement, revient la question de la régulation du marché. »

La régulation du marché dépend du politique, le marché quant-à-lui dépend des consommateurs et des investisseurs… et une fois encore, des solutions existent au niveau individuel.

2. Inaccessibilité physique

2.1 L’urbanisation

La FAO constate que leUrbanisation dans les PMD et les PVD de 1950 à 2050s pauvres rassemblés dans les centres urbains sont plus touchés par la faim que les pauvres agriculteurs et que « les villes sont en constante expansion. » Alors qu’ils étaient déjà 2 milliards en l’an 2000, les « citadins » entassés dans les agglomérations devraient dépasser les 4 milliards à l’horizon 2030.
L’urbanisation a évidemment un impact sur l’accès aux cultures. En ville, les citadins manquent de place pour produire de quoi se nourrir. (D’après les données fournies par les Nations Unies)

Le phénomène constaté depuis plusieurs années dans les pays en développement fut d’abord vécu dans les pays (aujourd’hui) développés. Chez nous, il a été accompagné d’une mutation de l’économie. En Europe et ailleurs, elle est progressivement passée de l’agriculture à l’industrie et aux services, produisant de l’emploi et distribuant des salaires.

D’autres facteurs ralentissent ou empêchent cette transition dans les pays touchés par la faim. S’ils n’en sont pas expropriés, les ruraux désertent les champs de régions où l’agriculture est encore largement manuelle dans l’espoir d’une vie meilleure mais ne trouvent pas d’emploi. L’urbanisation est à la fois une cause et une conséquence du manque de rendement agricole au Sud.

2.2 Le manque de rendement agricole

La différence de rendement agricole est effrayante. Pour en juger, la carte anamorphique de la production céréalière en 2002 proposée par le Worldmapper montre une Afrique pressée alors que le continent compte les terres les plus fertiles du monde.
Carte anamorphique de la production de cereales
Les causes de cette insuffisance sont bien entendu liées au retard économique de l’Afrique, probablement aussi à de mauvaises décisions politiques et indirectement encore à la charge de la dette des pays africains. C’est dans la mesure où ces deux ou trois facteurs ont pesés sur les infrastructures du Sud qu’ils ont impacté la faim dans le monde et influencé à la fois l’offre mondiale et l’accès à la nourriture.

Les problèmes d’infrastructure sont de quatre types : ils touchent à l’irrigation et à l’outillage ainsi qu’au stockage et au transport. Pour les résoudre, des petites souris doivent remplacer les grands éléphants blancs des décennies précédentes. Il ne s’agit plus de construire des barrages gigantesques.« Il faut pouvoir financer les petits ouvrages de maîtrise de l’eau, les moyens de stockage au niveau local et les routes rurales, de même que les ports de pêche et les centres d’abattage des animaux, etc. Ainsi seulement, sera-t-il possible de sécuriser la production vivrière! » (Jacques Diouf)

2.3 Outillage

Jean-Christophe Victor dans le Dessous des Cartes diffusé le 16 juin sur Arte indique qu’il y a 1 milliard 350 millions d’agriculteurs dans le monde:

* 50 millions d’entre eux ont accès à la mécanisation, aux engrais et aux pesticides
* 300 millions cultivent grâce à l’attelage et
* 1 milliard le font de façon manuelle

Proportion d agriculteurs par type de production agricole

Le développement de l’agriculture sous-entend encore souvent dans la bouche des dirigeants du Nord l’emploi d’engrais et de pesticides chimiques (sans parler des OGM). Pourtant, d’origine pétrolière, leur prix ne fera qu’augmenter dans les années à venir et, avec lui, les coûts de la production agricole et la pollution de notre planète.

Au lieu de prendre le modèle de l’agriculture industrielle, il est pourtant possible d’augmenter le rendement à moindres coûts. Les 74% d’agriculteurs travaillant manuellement peuvent passer à une agriculture attelée, bien moins dépendantes des fournitures de pétrole. En outre, comme le conseillent le PNUE et la FAO, les techniques de culture naturelles peuvent également entraîner de grands gains de productions si elles sont davantage promues auprès des agriculteurs… mais nous arrivons aux solutions, et celles-ci sont rassemblées dans un autre article.

2.4 Irrigation

La carte reprise ci-dessous peut aider à comprendre le problème à condition de se rappeler les rendements illustrés précédemment. Loin de représenter l’indépendance de l’agriculture africaine à l’irrigation, elle rappelle que sa production (la plus petite du monde) dépend à plus de 95% de la pluie (et du beau temps).
Carte de l'Irrigation et de l'agriculture
En agriculture irriguée, l’eau utilisée par les cultures est prélevée sur un point d’eau (rivière, lac ou nappe aquifère) et conduite au champ par l’homme. Ces sources supplémentaires à l’eau de pluie réduisent la  dépendance de la famille ou du village à la météo et peut améliorer le niveau de production et l’accès physique direct à l’alimentation.

2.5 Stockage

Le stockage stratégique implique de grands investissements au niveau national. Outre les silos et l’infrastructure, il ne faut pas oublier l’impact du prix à la fois sur la (re)constitution d’un stock et sur son financement (charge d’intérêt, de l’équivalent monnaie de la quantité immobilisée en grains). Le stockage est lui aussi rendu plus difficile par le prix élevé des denrées. Il peut pourtant permettre, sinon de réguler, au moins d’équilibrer le libre marché. Quand la demande se fait trop forte ou l’offre trop faible, on peut utiliser les stocks (à condition d’en avoir) pour éviter la flambée des prix.

Les stockage est également indispensable au niveau local. Il permet aux agriculteurs locaux d’utiliser leurs récoltes plus longtemps. Actuellement, selon Jacques Diouf, les pertes dues à  des problèmes de conservation atteindraient jusqu’à 40% ou 60% des récoltes.

2.6 Transport

Le transport implique des camions mais aussi des routes, des bateaux et des ports pour pouvoir acheminer les denrées à temps et en état des producteurs aux vendeurs mais aussi des silos aux consommateurs.

Les problèmes de transports et de distribution représentent en outre le principal problème du déploiement de l’aide d’urgence dans le cas d’une catastrophe comme celle que vit la Corne de l’Afrique.

2.7 Le droit à la propriété

Le problème de l’accès à la terre et ceux de la location ou de l’utilisation par des groupes étrangers n’est pas nouveau, il existe depuis au 19e siècle. Il serait même à l’origine du terme « république bananière ». Deux phénomènes lui donnent pourtant aujourd’hui et depuis quelques années, une nouvelle ampleur:

D’abord, la diversité des investisseurs: les multinationales de l’agro-alimentaire, les fonds souverains, fonds d’investissement et autres hedge funds ont remplacé les anciens Etats colonisateurs occidentaux… et ce sont plus de 120 entreprises qui tentent de convaincre les autorités du Sud.

Ensuite et surtout, la pression sur le marché de l’alimentation et la flambée des prix expliquée précédemment par différents facteurs encouragent ces acteurs de l’économie mondialisée à investir et/ou spéculer sur le marché à sa source…

Et ce sont des millions d’hectares qui se négocient chaque année! Combien précisément? Nul ne le sait, 5, 15, 20 ou 30 millions sont évoqués. La multiplicité des acteurs et la multiplicité des formes de contrats expliquent sans-doute la difficultés des estimations et cette  difficulté des estimations, l’importance du danger.

Faim dans le monde Carte de la globalisation fonciereUn rapport de l’IFPRI, International Food Policy Research Insitute tente pourtant de nuancer l’impact du phénomène sur le développement. Les grands acheteurs, qu’il s’agisse de multinationales ou de fonds souverains, investissent souvent en parallèle dans les infrastructures afin de rentabiliser leur nouvelle propriété. En outre, souvent coutumier, le droit à la propriété n’était peut-être pas « idéal » avant cette incursion étrangère…

Il n’en demeure pas moins que ces achats, également opérés par des fonds de retraite et/ou spéculatifs sans lien avec l’agro-alimentaire, ont un impact négatif, sinon sur le rendement local, au moins sur l’accessibilité physique à l’alimentation. Enfin, le problème pourrait se limiter aux pays en difficulté (Mauritanie) mais il s’étend également aux pays en crise (Ethiopie).

3. Les guerres

« La plupart des famines, y compris et surtout celles qui tuent, se déroulent en situation de conflit armé. La raison en est très simple: indépendamment des événements climatiques et économiques qui enclenchent généralement les famines, la perte d’accès aux ressources alimentaires résulte avant tout d’actes intentionnels ». Le Comité International de la Croix-Rouge, explique ensuite que ces conflits privent les populations soit de leurs propres ressources (déplacement, attaques…) soit des ressources de secours (accès barrés, convois attaqués…). Ce lien entre la faim et les guerres, la Croix-Rouge n’est pas la seule à l’établir.

Aujourd’hui encore la FAO, quand elle présente les profils des victimes de la faim, elle aussi explique que les « conflits armés causent des ravages et forcent des familles à abandonner leurs habitations et leurs fermes ».

Le Programme Alimentaire Mondial estime quant à lui que les problèmes de famines sont deux fois plus fréquemment causés par les conflits armés qu’ils ne l’étaient en 1992. 35% de ces catastrophes humanitaires d’aujourd’hui seraient causées par les guerres.

La preuve en iLa faim et la guerre en Afriquemage!
Cette carte de la documentation française présente les principaux conflits des années 90, les populations déplacées et les problèmes de sous-alimentation au cours de la même période. Force est de constater qu’ils coïncident.

Les guerres civiles et les conflits armés ont évidemment plusieurs conséquences influençant la faim dans le monde. Ils détruisent les infrastructures ou empêchent leur utilisation. Ils privent les ruraux de leurs cultures et une plus large partie de la population de l’accès à l’alimentation.

4. Les problèmes climatiques

D’après le Programme Alimentaire Mondial, les catastrophes naturelles comme les inondations, les tempêtes tropicales ou les sécheresses sont de plus en plus en fréquentes et elles ont des conséquences calamiteuses sur la sécurité alimentaire des pays pauvres et en voie de développement. Avec les changements climatiques, les sècheresses seraient, en particulier, de plus en plus fréquentes et de plus en plus longues, empêchant des pays comme le Guatemala ou l’Ethiopie de reconstituer leurs stocks de sécurité après une année calamiteuse.

Ce triste constat est d’ailleurs partagé par l’Agence Française pour le développement : « La hausse des températures moyennes n’est qu’un des aspects du changement climatique. En effet, celui-ci se traduira probablement par des phénomènes climatiques bien plus aléatoires, notamment des sècheresses et des inondations, des catastrophes naturelles plus graves et plus fréquentes, telles que des ouragans et des tempêtes, ou encore par des variations saisonnières plus marquées, alternant hivers doux et rigoureux, puis étés secs et très humides. »

Le Programme des Nations Unies pour l’environnement, prévoit que, même si « les agriculteurs africains ont développé de nombreuses options d’adaptation pour faire face à la variabilité actuelle du climat … Des réductions de récolte projetées dans certains pays pourraient chuter jusqu’à 50% d’ici 2020. »

A l’horizon 2080, la carte réalisée par Hugo Ahlenius, Nordpil pour l’ouvrage Global Warming and Agriculture: Impact Estimates by Country (Cline, W. R. 2007. Washington D.C., USA: Peterson Institute.) présente une amélioration pour l’Europe et un grand danger pour l’agriculture africaine…

Projection des pertes de production alimentaire due au changement climatique a l horizon 2080

Il va de soi qu’avec le libre marché, une sècheresse et une baisse de production dans une région du monde a, en plus de l’impact sur les récoltes locales et sur l’accès physique, un impact sur le prix mondialisé et l’accès économique à l’alimentation.

5. Je peux agir pour la fin de la faim

Je voeu la fin de la faim dans le monde.

* Je peux approfondir le sujet (Bibliographie)

Rapports d’Institutions Internationales

« Perspectives Agricoles de l’OCDE et de la FAO de 2011 à 2020 », (Chapitre 4 : les céréales), OCDE et FAO, 13/07/2011
« Grandes transactions foncières et spécificités de genre », Julia Behrman, Ruth Meinzen-Dick et Agnes R. Quisumbing, IFPRI, 04/2011
« Water in a changing World », 3ème Rapport mondial des Nations Unies sur la mise en valeur des ressources en eau, Nations Unies, 2009
« The environmental food crisis : Environments role in averting future food crises », PNUE, 17/02/2009
« Les chemins du succès. Production agricole et sécurité alimentaire: exemples de réussites », FAO, Rome, 2009
« Food and Fuel Price, Recent Developments, Macroeconomic Impact, and Policy Responses An Update », FMI, 19/09/2008
« Enquête 2005 sur le budget des ménages dans l’UE27 Plus de la moitié des dépenses des ménages consacrées au logement et à l’alimentation », Eurostat, 19/06/2008
« Changement Climatique 2007 : 4e rapport d’évaluation », GIEC, (Chapitre 8: Agriculture), 2007
« L’eau, une responsabilité partagée », 2ème Rapport mondial des Nations Unies sur la mise en valeur des ressources en eau, Nations Unies, Mars 2006 (Résumé)
« Protéger la paysannerie pauvre dans un contexte de mondialisation », Marcel Mazoyer, FAO, 2001

Rapports d’ONG

« Farming Money: How European banks and private finance profit from food speculation and land grabs », Friends of the Earth Europe, Janvier 2012
« Mettre les petits agriculteurs au coeur de l’adaptation au changement climatique », Document d’information Oxfam, 16 novembre 2009
« Les causes de la faim: Examen des crises alimentaires qui secouent l’Afrique », Document d’information Oxfam, Juillet 2006

Conférence de presse

« Présentation de la présidence française du G20 et du G8 », Nicolas Sarkozy, 24/01/2011 (Vidéo et questions/réponses )

Rapports d’Institutions nationales

« Evolution des exploitations agricoles – Faits et chiffres », Ministère Français de l’agriculture, 29/11/2004
« 40 ans de consommation de viande étudiés par l’INSEE : moins de boeuf, plus de plats préparés et pas trop de stress », INSEE, 23/11/2007

Sites Web institutionnels

BMI, Réduire l’extrême pauvreté et la faim
FAO: http://www.fao.org/index_fr.htm
FMI, Food and fuel crisis
PAM: http://www.wfp.org/
PNUE, Désastres et conflits
UE, Agriculture et développement rural

Articles institutionnels

« Bulletin de la FAO sur l’offre et la demande de céréales », FAO, 7/07/2011
« La FAO lance une nouvelle initiative pour produire plus de nourriture », Nations Unies, 13/06/2011
« Bulletin de la FAO sur l’offre et la demande de céréales », FAO, 7/06/2011
« Price Volatility in Agricultural Markets », FAO, décembre 2010
« Mainmise sur les terres africaines ? », Roy Laishley, Afrique Renouveau, Afrique Renouveau, Vol. 23#3, page 4, Nations Unies, 10/2009
« 1,02 milliard d’êtres humains souffrent de la faim », FAO, 19/06/2009
« Une révolution verte pour nourrir le monde », PNUE, 17/02/2009

Articles d’associations et d’ONG

« Révélation : l’Ethiopie cède des terres agricoles à des compagnies étrangères en pleine période de famine », Survival France, 25/07/2011
« La nourriture par les fenêtres », CRIOC, 21/05/2010
« Enjeux agricoles pour 2050 – prospectives FAO », FARM, 07/04/2010
« La spéculation entrave le droit à l’alimentation », Peter Wahl, Eurodad, 25/11/2008
« Les consommations de viande diminuent régulièrement », Centre d’Information sur les viandes
« Famine et guerre », Alain Mourey, Revue internationale de la Croix-Rouge, 791, 31/10/1991

Articles de la presse spécialisée

« Carte globalisation foncière, nouvel enjeu de la mondialisation », Alain Nonjon, Diploweb, 01/07/2011
« La crise alimentaire, le développement durable et les biocarburants : perspectives d’avenir », Erwan Cheneval, Ariane Adam-Poupart et Joseph Zayed, VertigO – la revue électronique en sciences de l’environnement [En ligne], Volume 11 Numéro 1 | mai 2011, 09/05/2011
« Du libre commerce des céréales », Nicolas de Warren, Le Cercle des Echos, 14/02/2011
« Volatilité des prix et crises alimentaires », Jacques Diouf, Le Cercle des Echos, 01/02/2011
« Précarité alimentaire, austérité », Anthropology of food, 6/09/2008

Articles de la presse généraliste

« En pleine famine, l’Éthiopie vend ses terres fertiles à des multinationales », PIAB, RTBF, 31/07/2011
« Ne parler que du climat est une hypocrisie totale », Jean Ziegler et Cathy Ceïbe, l’Humanité, 26/07/2011
« Agriculteur heureux, un métier en voie de disparition ? » , Thierry Denoël, Le Vif L’Express, 19/07/2011
« Essor de la production de biocarburants en Afrique », AfriqueAvenir, 15/06/2011
« Comment spéculer sur le prix du blé grâce à la météo », François Krug, Eco89, 15/08/2010
« How Goldman gambled on starvation », Johann Hari, The Independent, 2/07/2010
« Nourrir le planète en 2050 : Un défi déjà d’actualité », Clément Lacombe, Le Monde, 16/10/2009
« Plus d’un milliard de personnes souffrent de la faim », La Libre Belgique, 15/10/2009
« Le prix de la viande il y a vingt ans: si différent? », RTBF, 13/07/2009
« Un milliard de personnes sous-alimentés en 2009 », France 2, 20/06/2009
« Frères humains, devenez végétariens », Doan Bui, Le Nouvel Observateur, 05/2008

Article d’autres site Web

« Système de marché-libre : Qu’est-ce-que c’est ? », finance-banque.com, consulter le 01/08/2011
« Les vraies causes de la famine », Chroniques de Gérard Pince, 20/04/2008

Vidéo

« L’alimentation mondiale », Conversations d’avenir, Jacques Attali
« Amélioration de la sécurité alimentaire en Afrique de l’Ouest et Centrale », Fédération Internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge
« Comprendre la crise alimentaire », Alternatives économiques, Antoine de Ravignan
« Géographie de l’alimentation », Le Dessous Des Cartes, Arte, Juin 2011
« Jacques Diouf : Emeutes de la faim », Le Talk de Paris, extrait du JT de France24
« Jacques Diouf : pour lutter contre la faim, utilisons les ressources disponibles », Interview Euronews
« Jacques Diouf : Les raisons de la colère »
« Journée Mondiale de l’Alimentation 2010 », FAO, 2010
« Sécurité alimentaire », Frédéric Landy, Professeur de géographie à l’Université de Paris Ouest
« Spot de la petition one billion hungry », PAM, 2010
« Vers un crash alimentaire », Arte