Je voeu voir la vie en… Dan Pink!

Journaliste au New York Times, au Harvard Business Review… Daniel H. Pink était également le rédacteur des discours de l’ancien Vice-Président américain Al Gore. Depuis, il a rédigé plusieurs ouvrages de psychologie et de sociologie… dans les domaines de la créativité, de la motivation et de la vente.

* Je peux regarder son avis sur la motivation et changer le mien

Conférencier, Dan Pink a présenté certaines de ses conclusions dans l’un des TedTalks les plus visionnés. En question, la motivation par l’argent contre la motivation par le sens, la remise en question de notre système et les perspectives d’un avenir meilleur, à voir ici en video, sous-titrée en Français :

* Je peux lire « A Whole New Mind » ou son résumé

Le livre a également été traduit en Français: « L’Homme aux deux cerveaux ». Je peux en lire le résumé en Français sur des-livres-pour-changer-de-vie ou acheter la version complète en Anglais ou en Français.

Les références du livre en Français: « L’Homme aux deux cerveaux », Robert Laffont, 2007, 288pp.  ISBN-13: 978-2221104620
Les références de l’original en Anglais: « A Whole New Mind: Why Right-Brainers Will Rule the Future », Riverhead Business, 2006, 288pp. ISBN-13: 978-1594481710

 * Je peux lire « Drive » ou son résumé

Le bestseller a été traduit en Français: « La Vérité sur ce qui nous motive » . Je peux également lire son résumé en Français sur esprit-riche ou regarder une petite présentation dessinée en Anglais

…ou acheter le livre en Français ou en Anglais:

Les références du livre en Français: « La vérité sur ce qui nous motive: Tout ce qu’il faut savoir pour transformer sa vie et aller de l’avant », Leduc, 2011, 256pp. ISBN-13: 978-2848994543
Les références de l’original en Anglais: « Drive: The Surprising Truth About What Motivates Us », Riverheads Book, 2011, 272pp. ISBN-13:978-1594484803

* Je peux lire « To Sell Is Human » ou son résumé en Français

Daniel Pink y explique en quoi la vente a évolué et pourquoi nous pouvons tous être considérés comme des vendeurs… puis évidemment, comment être un bon vendeur et que faire pour vendre ou pour « persuader, convaincre et influencer les autres ».

 Je voeu savoir si vendre est humain.

Je voeu les causes de la faim dans le monde.

« Un problème sans solution est un problème mal posé. »
(A. Einstein)

La faim dans le monde peut sembler inéluctable. Pourtant en analysant ses causes, nous pourrons poser le problème différemment et partager l’utopie en actions concrètes, efficaces et quotidiennes. Nous avons tenté de les présenter de manière simple, mais formelle, dans une sorte d’arbre des problèmes:

Les causes de la faim dans le monde via AllWeWish

Cet arbre est expliqué et documenté dans la suite de cet article au travers des 4 problèmes que nous avons jugés « principaux ». Parmi eux, deux facteurs influencent directement la faim dans le monde:

1. L’inaccessibilité économique des aliments (quand ils sont trop chers) et
2. leur inaccessibilité physique (quand ils sont trop loin pour être consommés)

Deux autres sont également jugés principaux tant ils influencent le reste de l’arbre:

3. les guerres civiles et les conflits armés et
4. les problèmes climatiques.

Avant de commencer:
Bien que représentés dans notre arbre, deux facteurs ne sont pas développés dans cet article. Les salaires insuffisants (ou le manque de travail) influencent bien entendu l’accès économique à l’alimentation. Ceux-ci sont la conséquence du retard économique des pays pauvres, et ce retard nous semble être une des conséquences de la faim. Les maladies (et le manque de soin de santé) influencent également la production dans les pays du Sud. Pourtant ces maladies sont largement dues à la sous-alimentation et le manque de soin, comme le manque de travail, nous semble lui aussi dû au retard économique des pays pauvres… Des solutions à ces problèmes (majeurs) sont pourtant rassemblées dans notre article pour la fin de la faim dans le monde.

1. L’inaccessibilité économique

Indices des prix alimentaires de 1990 à 2011Les prix ont flambé et flambent à nouveau. En dépensant 70% de leur budget dans leur nourriture, les populations du Sud vivent les variations de prix beaucoup plus durement que celles des pays développés où l’alimentation ne représente en moyenne que 19,40% du budget d’un ménage de l’Europe des 27 (en y incluant boissons et cigarettes!) A l’échelle nationale les pays exportateurs profitent des hausses, les importateurs les subissent de plein fouet

Pourquoi ces variations? Pourquoi ces augmentations ? Elles sont la conséquence du libre marché et des facteurs qui influencent l’offre et la demande:

1.1 « libre marché »?

Libre marché loi de loffre et de la demande - D augmente
Dans un marché totalement libre, les quantités et les prix s’ajustent aux points d’accord entre l’offre et la demande. Sur le graphique ci-joint, la demande est représentée par la courbe D1. La courbe indique que la quantité (Q) demandée augmente à mesure que le prix (P) diminue. Si la demande augmente elle passe de D1 à D2 et si l’offre (S) ne change pas, le prix augmente de (P1 à P2)

Le fonctionnement du libre marché, le site Finance-Banque l’explique de façon plus cynique:  « il faut voir l’argent comme « une carte de rationnement », semblable à celles utilisées dans le communisme. Si un individu a plus de cartes de rationnement (c’est-à-dire plus d’argent), il peut avoir plus d’un article particulier. S’il a moins de cartes de rationnement, il ne pourra pas acheter autant de marchandises. Donc, sous cette rationalisation, le système entier du marché est vraiment juste un système de rationnement qui détermine qui achète quoi et à combien. »

Le prix des denrées alimentaires devrait-il être fixé par le marché ou par une quelconque administration, qu’elle soit nationale ou internationale? La question se pose depuis le 18e siècle. La réponse préférée jusqu’ici en Occident a été le marché, jugé plus performant à la fois pour le vendeur, pour l’acheteur et pour la Société. L’ex-URSS l’a justifiée en montrant les limites d’une administration qui voudrait tout planifier.

Pourtant si le libre marché en vient à rationner des populations et à les priver d’un droit reconnu comme Universel,  il semble vital de le réguler.

Cette régulation s’exercera, espérons-le, un jour au niveau politique. Aujourd’hui, puisqu’il est en place, voyons quels facteurs influencent le marché …d’ailleurs, pas si libre… des ressources alimentaires pour découvrir ensuite comment nous pouvons l’influencer.

1.2 Accroissement des populations

C’est indéniable, la Accroissement de la population mondialepopulation mondiale ne croît pas, elle explose! « Chaque jour, la planète se peuple de 200 000 nouvelles bouches à nourrir. D’ici à 2050, la population mondiale devrait atteindre 9,2 milliards d’individus contre 6,7 milliards aujourd’hui. » Les vendeurs d’engrais, de pesticides et d’OGM voit une solution à la faim dans le monde dans l’augmentation de leur chiffre d’affaires.

Pourtant les famines ne sont pas liées à un problème de production mais à un problème de répartition. Le site de la FAO indique par exemple : « Le monde produit actuellement suffisamment pour nourrir tous les habitants de la planète, mais un grand nombre d’entre eux n’y ont pas accès. »

Actuellement, mais demain? Ce n’est pas parce qu’on a assez pour nourrir 7 milliards d’individus qu’on en aura encore assez pour en nourrir 9. Pourtant les solutions existent, elles apparaissent en filigrane dans les causes qui suivent (en particulier au 1.4) et sont rassemblées dans un autre voeu.

1.3 Accroissement de la « qualité »

C’est indéniable non plus, le niveau de bien-être d’une partie de la population croît aussi. C’est le cas de l’Europe de l’Est mais aussi de la Chine et de l’Inde. Et c’est tant mieux ! En gagnant plus de moyens de consommer, les habitudes alimentaires changent. On mange à sa faim, on ajoute de la viande dans le potage aux légumes, on fréquente les fastfoods… et, en gros, en gras, on prend les mauvaises habitudes alimentaires des pays industrialisés.

En juillet 2010, le Ministère de l’agriculture canadien prévoyait : « une hausse de 40% de la demande mondiale de viande d’ici à 2025 » et confirmait: « La plus grande croissance de demande de viande aura probablement lieu au sein de marchés émergents en Asie, particulièrement en Chine. Cette croissance est stimulée par un viandes fraicheschangement des modèles de régime alimentaire, une hausse du niveau de vie, et d’un accroissement de la population et de l’urbanisation… »

Homme-nivore? D’après plusieurs sites écolos, il faut entre dix et quinze kilo de grains pour obtenir un kilo de boeuf. Un article du NouvelObs (Frères humains, devenez végétariens) paru en mai 2008 évoque un ratio calorique de 1 à 4 pour le poulet ou le porc (C’est-à-dire qu’il faut 4 calorie végétales pour obtenir une calorie animale) et un ratio de 1 à 17 pour le boeuf. Il constate aussi que 60% de la production céréalière est consommée par les élevages et que 80% de ces 60% pourrait l’être par l’homme. Mais ces chiffres ne sont pas certains, en lieu et place du 80, le World Resource Institute mentionne 37.

On pourrait nuancer encore: d’abord, la qualité des grains  utilisée pour l’alimentation du bétail ne serait pas assez bonne que pour être consommée par l’homme et il en est évidemment de même pour les tourteaux (résidus du pressage dans la production d’huiles). Les sols utilisés pour le pâturage ne sont pas assez riches non plus pour la culture céréalière. Et enfin, « la viande et les produits carnés contiennent des niveaux considérables de protéines, vitamines, sels minéraux et oligoéléments, essentiels à la croissance et au développement. » (FAO)

En attendant, les réponses aux questions posées à la FAO, nous pouvons sans doute considérer que le problème réside moins dans l’élevage et la consommation de viande que dans l’élevage intensif et la consommation excessive.

Cette amélioration de la qualité de vie, à défaut d’une véritable amélioration de la qualité de l’alimentation, entraîne une pression supplémentaire la demande alimentaire et sur les prix.

1.4 Le gaspillage

Le 17 février 2009, à l’occasioEstimation des pertes et du gaspillage aux différents stades de la production alimentairen de sa réunion annuelle à Nairobi, le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) publie dans un rapport consacré à la sécurité alimentaire:  » Plus de la moitié de la nourriture produite aujourd’hui est perdue, gaspillée ou jetée en raison de l’inefficacité de la gestion humaine de la chaîne alimentaire. Le rapport montre bien qu’en gagnant en efficacité, nous pourrions nourrir toutes les populations futures tout en préservant la vie des oiseaux, des poissons et autres animaux sauvages. »

« The environmental food crisis : Environments role in averting future food crises »
Le rapport illustre par quelques exemples: « Aux États-Unis, selon de récentes estimations, de 40 à 50 % des aliments sont gaspillés ou perdus. Près d’un quart des fruits et légumes frais sont jetés entre le champ et la table. En Australie, la moitié du contenu des décharges est constituée de résidus alimentaires. Près d’un tiers des aliments achetés au Royaume Uni chaque année n’est pas consommé. »

Ou encore: « Avec tous les poissons rejetés actuellement en mer (30 millions de tonnes par an selon certaines estimations) on nourrirait plus de gens que si la production piscicole et aquacole augmentait de moitié, augmentation nécessaire si l’on veut maintenir d’ici 2050 les niveaux actuels de consommation annuelle par habitant sans qu’augmente la pression sur un environnement marin déjà fortement sollicité. »

Voici donc une nouvelle pression couteuse exercée sur la demande mais une première perspective positive pour l’avenir: En arrêtant le gaspillage, nous pourrions faire baisser la demande de moitié et en tant que consommateurs nous avons tous les pouvoirs sur plusieurs maillons de la chaîne: du magasin au frigo, du frigo à l’assiette et de l’assiette à la poubelle.

1.5 Les biocarburants

En 2006, la FAO annonçait déjà une vaste expansion de l’utilisation industrielle des céréales sous l’effet essentiellement de la forte demande dans le secteur du bioéthanol. Production de bioethanol de 2010 a 2020 selon matiere agricoleL’OCDE confirme en 2010: « L’utilisation des biocarburants représente une part importante de la production mondiale de céréales, de sucre et d’huile végétale. »

L’Organisation précise dans un autre article que, de 2008 à 2010, 11% de la production de céréales secondaires (maïs, orge, sorgho), 11% de la production mondiale d’huiles végétales et 21% de la production de sucres ont été transformés pour faire rouler les voitures. Cette « nouvelle » demande devrait également s’accroître d’ici 2020 (en rose dans le graphique de droite)…

…et accentuer la pression sur la demande et sur les prix. Inéluctable? Presque! En tant que consommateurs et investisseurs nous pouvons également exercer des pouvoirs sur le secteur énergétique.

1.6 La spéculation

Un décideur illustre en janvier 2011 : « Il y a quelques semaines sur le marché du cacao un intervenant financier a acheté à lui tout seul 15% des stocks, comme ça. C’est-à-dire que sur ces marchés là, n’importe qui peut acheter n’importe quelle quantité sans d’ailleurs la payer, la revendre n’importe comment au moment où il le souhaite, empocher la plus-value sans être obligé, ni d’avoir livraison de la cargaison physique, ni d’avoir bloqué une partie de la somme engagée. Voilà la réalité telle qu’elle est. » (Nicolas, lors d’une conférence de presse)

La FAO se veut prudente quant à l’impact de la « financiarisation » des marchés des matières premières : « Quand la financiarisation des ressources n’est généralement pas vue comme une source de turbulence des prix, l’évidence suggère que les échanges sur les marchés à terme peut avoir amplifié la volatilité des prix à court terme. »

L’OCDE ne reprend pas non plus la spéculation dans les causes de l’inflation en tant que telle, elle indique néanmoins : « Plus récemment, on a également observé une augmentation significative des investissements d’origine non traditionnelle sur les marchés des produits dérivés agricoles, que ce soit pour des motifs de diversification de portefeuille ou de spéculation. Il est probable que ce phénomène ait contribué à la hausse des prix sur les marchés à court terme et vienne alimenter l’envolée actuelle des prix sur les marchés au comptant. »

Jean Ziegler, rapporteur des Nations Unies au Droit à l’alimentation jusqu’en 2008, lui n’y va pas par quatre chemins : « les prix alimentaires (aliments de base c’est-à-dire riz, maïs, céréales qui couvrent 75 % de la consommation mondiale) ont explosé en raison de la spéculation des hedge funds et grandes banques (…) Les spéculateurs financiers ont perdu des milliers et des milliers de milliards de dollars lors de la crise financière de 2008 et de 2009. Ils ont quitté les Bourses de papier valeur et ont migré vers les Bourses des matières premières agricoles. Légalement, avec les instruments spéculatifs ordinaires, ils réalisent des profits astronomiques sur les aliments de base. Actuellement, la tonne de blé meunier est à 270 euros. Il y a an, elle était de moitié. La tonne de riz a plus que doublé en un an et le maïs a augmenté de 63 %. Les pays pauvres ne peuvent donc même plus acheter les aliments à même de constituer des réserves. »

L’UNCTAD confirme dans son rapport sur le commerce et le développement de 2008. Ni l’augmentation de la demande, ni les diminutions de la croissance des rendements de production et des stocks mondiaux, ni même la faiblesse du dollar ne pouvaient expliquer l’explosion des prix des matières agricoles. Cette explosion était due à la  réorientation des placements des fonds d’investissements dans les contrats à terme sur le marché alimentaire suite à la crise financière de 2007. Elle estimait d’ailleurs l’augmentation de ces opérations à 32% (p.8) pour la même année et, tous marchés de matières premières confondus, à une multiplication par 20 entre 2003 et 2008.

Voici donc, il semblerait, la principale cause de ces prix trop élevés pour les trop pauvres. Sauf intervention internationale, le phénomène n’est pas prêt de s’arrêter. Pourtant une fois encore des solutions existent au niveau individuel, en tant qu’investisseur, pour lutter contre la spéculation.

1.7 La hausse des coûts de production

« Le prix du pétrole, et plus généralement les prix de l’énergie, constituent un facteur décisif contribuant à l’augmentation des coûts de production des produits agricoles et alimentaires et, au final, des prix de ces biens sur le marché. Les projections de prix examinées ici renvoient à l’idée largement répandue selon laquelle la hausse du prix du pétrole est permanente et entraînera les prix vers des niveaux moyens toujours plus élevés. » (OCDE)

Bien entendu, sur le libre marché, le prix n’est pas fixé par le seul vendeur ou producteur soucieux de couvrir ses coûts et de trouver une rémunération à son travail mais par un équilibre entre l’offre et la demande. (voir : je vœu en savoir plus sur la crise laitière) Celui qui a produit à perte une ou plusieurs saisons peut néanmoins décider de se retirer du marché (alors qu’il pourrait passer à la production bio), diminuer l’offre et faire grimper les prix.

Il faut encore ajouter un deuxième impact de la hausse des prix du baril sur le marché agricole: Cette hausse fait aussi grimper la valeur et la rentabilité des substituts du pétrole, dans ce cas le bioéthanol, et augmente donc par la même leur demande en matières premières. In fine, elle fait une deuxième fois grimper les prix des céréales.

1.8 La concurrence déloyale

A titre d’exemple, en 2004, le poulet français arrivait à Dakar à 0,39EUR/kg et y était vendu sur les marchés à 1,80EUR/kg alors que le poulet local devait être vendu jusqu’à 3EUR/kg.

Outre des différences de tailles entre les prétendues sociétés coopératives européennes et les multinationales de l’agroalimentaires d’un côté, et, de l’autre, les petits agriculteurs africains, la déloyauté s’exerce aussi entre Etats et elles peuvent être de différents types.

Les subventions accordées aux agrLes aides aux agriculteurs par paysiculteurs (illustrées ici en pourcentage du salaire de l’agriculteur) ne sont qu’une des nombreuses formes de barrières à l’échange et à la libre concurrence : droits de douanes, quotas, règles de sécurité et d’hygiène… s’y ajoutent.

Celles utilisées sur le Marché alimentaires sont discutées dans le cadre de l’Organisation Mondiale du Commerce depuis 1994 mais les pays industrialisés « continuent de refuser de diminuer suffisamment leurs subventions agricoles, maintiennent des niveaux excessifs de protection et interdisent aux pays en développement la flexibilité qui leur permettrait de défendre les agriculteurs pauvres contre les importations à prix cassés. » (Oxfam)

Nous verrons si les arguments de l’Occident tiennent lors de la reprise des négociations en vue d’une nouvelle phase de libéralisation des échanges. Et il faudra en tout cas trouver l’équilibre entre ,d’une part, l’ouverture et l’import-export et, d’autre part, la consommation locale et la souveraineté alimentaire.

Patrick Caron, un des directeurs scientifiques du Cirad estime qu’« il est très probable que l’on aura encore un fort besoin d’échanges, avec des régions très importatrices et d’autres très exportatrices. Mais, dès lors que l’on introduit les questions de sécurité alimentaire et d’environnement, revient la question de la régulation du marché. »

La régulation du marché dépend du politique, le marché quant-à-lui dépend des consommateurs et des investisseurs… et une fois encore, des solutions existent au niveau individuel.

2. Inaccessibilité physique

2.1 L’urbanisation

La FAO constate que leUrbanisation dans les PMD et les PVD de 1950 à 2050s pauvres rassemblés dans les centres urbains sont plus touchés par la faim que les pauvres agriculteurs et que « les villes sont en constante expansion. » Alors qu’ils étaient déjà 2 milliards en l’an 2000, les « citadins » entassés dans les agglomérations devraient dépasser les 4 milliards à l’horizon 2030.
L’urbanisation a évidemment un impact sur l’accès aux cultures. En ville, les citadins manquent de place pour produire de quoi se nourrir. (D’après les données fournies par les Nations Unies)

Le phénomène constaté depuis plusieurs années dans les pays en développement fut d’abord vécu dans les pays (aujourd’hui) développés. Chez nous, il a été accompagné d’une mutation de l’économie. En Europe et ailleurs, elle est progressivement passée de l’agriculture à l’industrie et aux services, produisant de l’emploi et distribuant des salaires.

D’autres facteurs ralentissent ou empêchent cette transition dans les pays touchés par la faim. S’ils n’en sont pas expropriés, les ruraux désertent les champs de régions où l’agriculture est encore largement manuelle dans l’espoir d’une vie meilleure mais ne trouvent pas d’emploi. L’urbanisation est à la fois une cause et une conséquence du manque de rendement agricole au Sud.

2.2 Le manque de rendement agricole

La différence de rendement agricole est effrayante. Pour en juger, la carte anamorphique de la production céréalière en 2002 proposée par le Worldmapper montre une Afrique pressée alors que le continent compte les terres les plus fertiles du monde.
Carte anamorphique de la production de cereales
Les causes de cette insuffisance sont bien entendu liées au retard économique de l’Afrique, probablement aussi à de mauvaises décisions politiques et indirectement encore à la charge de la dette des pays africains. C’est dans la mesure où ces deux ou trois facteurs ont pesés sur les infrastructures du Sud qu’ils ont impacté la faim dans le monde et influencé à la fois l’offre mondiale et l’accès à la nourriture.

Les problèmes d’infrastructure sont de quatre types : ils touchent à l’irrigation et à l’outillage ainsi qu’au stockage et au transport. Pour les résoudre, des petites souris doivent remplacer les grands éléphants blancs des décennies précédentes. Il ne s’agit plus de construire des barrages gigantesques.« Il faut pouvoir financer les petits ouvrages de maîtrise de l’eau, les moyens de stockage au niveau local et les routes rurales, de même que les ports de pêche et les centres d’abattage des animaux, etc. Ainsi seulement, sera-t-il possible de sécuriser la production vivrière! » (Jacques Diouf)

2.3 Outillage

Jean-Christophe Victor dans le Dessous des Cartes diffusé le 16 juin sur Arte indique qu’il y a 1 milliard 350 millions d’agriculteurs dans le monde:

* 50 millions d’entre eux ont accès à la mécanisation, aux engrais et aux pesticides
* 300 millions cultivent grâce à l’attelage et
* 1 milliard le font de façon manuelle

Proportion d agriculteurs par type de production agricole

Le développement de l’agriculture sous-entend encore souvent dans la bouche des dirigeants du Nord l’emploi d’engrais et de pesticides chimiques (sans parler des OGM). Pourtant, d’origine pétrolière, leur prix ne fera qu’augmenter dans les années à venir et, avec lui, les coûts de la production agricole et la pollution de notre planète.

Au lieu de prendre le modèle de l’agriculture industrielle, il est pourtant possible d’augmenter le rendement à moindres coûts. Les 74% d’agriculteurs travaillant manuellement peuvent passer à une agriculture attelée, bien moins dépendantes des fournitures de pétrole. En outre, comme le conseillent le PNUE et la FAO, les techniques de culture naturelles peuvent également entraîner de grands gains de productions si elles sont davantage promues auprès des agriculteurs… mais nous arrivons aux solutions, et celles-ci sont rassemblées dans un autre article.

2.4 Irrigation

La carte reprise ci-dessous peut aider à comprendre le problème à condition de se rappeler les rendements illustrés précédemment. Loin de représenter l’indépendance de l’agriculture africaine à l’irrigation, elle rappelle que sa production (la plus petite du monde) dépend à plus de 95% de la pluie (et du beau temps).
Carte de l'Irrigation et de l'agriculture
En agriculture irriguée, l’eau utilisée par les cultures est prélevée sur un point d’eau (rivière, lac ou nappe aquifère) et conduite au champ par l’homme. Ces sources supplémentaires à l’eau de pluie réduisent la  dépendance de la famille ou du village à la météo et peut améliorer le niveau de production et l’accès physique direct à l’alimentation.

2.5 Stockage

Le stockage stratégique implique de grands investissements au niveau national. Outre les silos et l’infrastructure, il ne faut pas oublier l’impact du prix à la fois sur la (re)constitution d’un stock et sur son financement (charge d’intérêt, de l’équivalent monnaie de la quantité immobilisée en grains). Le stockage est lui aussi rendu plus difficile par le prix élevé des denrées. Il peut pourtant permettre, sinon de réguler, au moins d’équilibrer le libre marché. Quand la demande se fait trop forte ou l’offre trop faible, on peut utiliser les stocks (à condition d’en avoir) pour éviter la flambée des prix.

Les stockage est également indispensable au niveau local. Il permet aux agriculteurs locaux d’utiliser leurs récoltes plus longtemps. Actuellement, selon Jacques Diouf, les pertes dues à  des problèmes de conservation atteindraient jusqu’à 40% ou 60% des récoltes.

2.6 Transport

Le transport implique des camions mais aussi des routes, des bateaux et des ports pour pouvoir acheminer les denrées à temps et en état des producteurs aux vendeurs mais aussi des silos aux consommateurs.

Les problèmes de transports et de distribution représentent en outre le principal problème du déploiement de l’aide d’urgence dans le cas d’une catastrophe comme celle que vit la Corne de l’Afrique.

2.7 Le droit à la propriété

Le problème de l’accès à la terre et ceux de la location ou de l’utilisation par des groupes étrangers n’est pas nouveau, il existe depuis au 19e siècle. Il serait même à l’origine du terme « république bananière ». Deux phénomènes lui donnent pourtant aujourd’hui et depuis quelques années, une nouvelle ampleur:

D’abord, la diversité des investisseurs: les multinationales de l’agro-alimentaire, les fonds souverains, fonds d’investissement et autres hedge funds ont remplacé les anciens Etats colonisateurs occidentaux… et ce sont plus de 120 entreprises qui tentent de convaincre les autorités du Sud.

Ensuite et surtout, la pression sur le marché de l’alimentation et la flambée des prix expliquée précédemment par différents facteurs encouragent ces acteurs de l’économie mondialisée à investir et/ou spéculer sur le marché à sa source…

Et ce sont des millions d’hectares qui se négocient chaque année! Combien précisément? Nul ne le sait, 5, 15, 20 ou 30 millions sont évoqués. La multiplicité des acteurs et la multiplicité des formes de contrats expliquent sans-doute la difficultés des estimations et cette  difficulté des estimations, l’importance du danger.

Faim dans le monde Carte de la globalisation fonciereUn rapport de l’IFPRI, International Food Policy Research Insitute tente pourtant de nuancer l’impact du phénomène sur le développement. Les grands acheteurs, qu’il s’agisse de multinationales ou de fonds souverains, investissent souvent en parallèle dans les infrastructures afin de rentabiliser leur nouvelle propriété. En outre, souvent coutumier, le droit à la propriété n’était peut-être pas « idéal » avant cette incursion étrangère…

Il n’en demeure pas moins que ces achats, également opérés par des fonds de retraite et/ou spéculatifs sans lien avec l’agro-alimentaire, ont un impact négatif, sinon sur le rendement local, au moins sur l’accessibilité physique à l’alimentation. Enfin, le problème pourrait se limiter aux pays en difficulté (Mauritanie) mais il s’étend également aux pays en crise (Ethiopie).

3. Les guerres

« La plupart des famines, y compris et surtout celles qui tuent, se déroulent en situation de conflit armé. La raison en est très simple: indépendamment des événements climatiques et économiques qui enclenchent généralement les famines, la perte d’accès aux ressources alimentaires résulte avant tout d’actes intentionnels ». Le Comité International de la Croix-Rouge, explique ensuite que ces conflits privent les populations soit de leurs propres ressources (déplacement, attaques…) soit des ressources de secours (accès barrés, convois attaqués…). Ce lien entre la faim et les guerres, la Croix-Rouge n’est pas la seule à l’établir.

Aujourd’hui encore la FAO, quand elle présente les profils des victimes de la faim, elle aussi explique que les « conflits armés causent des ravages et forcent des familles à abandonner leurs habitations et leurs fermes ».

Le Programme Alimentaire Mondial estime quant à lui que les problèmes de famines sont deux fois plus fréquemment causés par les conflits armés qu’ils ne l’étaient en 1992. 35% de ces catastrophes humanitaires d’aujourd’hui seraient causées par les guerres.

La preuve en iLa faim et la guerre en Afriquemage!
Cette carte de la documentation française présente les principaux conflits des années 90, les populations déplacées et les problèmes de sous-alimentation au cours de la même période. Force est de constater qu’ils coïncident.

Les guerres civiles et les conflits armés ont évidemment plusieurs conséquences influençant la faim dans le monde. Ils détruisent les infrastructures ou empêchent leur utilisation. Ils privent les ruraux de leurs cultures et une plus large partie de la population de l’accès à l’alimentation.

4. Les problèmes climatiques

D’après le Programme Alimentaire Mondial, les catastrophes naturelles comme les inondations, les tempêtes tropicales ou les sécheresses sont de plus en plus en fréquentes et elles ont des conséquences calamiteuses sur la sécurité alimentaire des pays pauvres et en voie de développement. Avec les changements climatiques, les sècheresses seraient, en particulier, de plus en plus fréquentes et de plus en plus longues, empêchant des pays comme le Guatemala ou l’Ethiopie de reconstituer leurs stocks de sécurité après une année calamiteuse.

Ce triste constat est d’ailleurs partagé par l’Agence Française pour le développement : « La hausse des températures moyennes n’est qu’un des aspects du changement climatique. En effet, celui-ci se traduira probablement par des phénomènes climatiques bien plus aléatoires, notamment des sècheresses et des inondations, des catastrophes naturelles plus graves et plus fréquentes, telles que des ouragans et des tempêtes, ou encore par des variations saisonnières plus marquées, alternant hivers doux et rigoureux, puis étés secs et très humides. »

Le Programme des Nations Unies pour l’environnement, prévoit que, même si « les agriculteurs africains ont développé de nombreuses options d’adaptation pour faire face à la variabilité actuelle du climat … Des réductions de récolte projetées dans certains pays pourraient chuter jusqu’à 50% d’ici 2020. »

A l’horizon 2080, la carte réalisée par Hugo Ahlenius, Nordpil pour l’ouvrage Global Warming and Agriculture: Impact Estimates by Country (Cline, W. R. 2007. Washington D.C., USA: Peterson Institute.) présente une amélioration pour l’Europe et un grand danger pour l’agriculture africaine…

Projection des pertes de production alimentaire due au changement climatique a l horizon 2080

Il va de soi qu’avec le libre marché, une sècheresse et une baisse de production dans une région du monde a, en plus de l’impact sur les récoltes locales et sur l’accès physique, un impact sur le prix mondialisé et l’accès économique à l’alimentation.

5. Je peux agir pour la fin de la faim

Je voeu la fin de la faim dans le monde.

* Je peux approfondir le sujet (Bibliographie)

Rapports d’Institutions Internationales

« Perspectives Agricoles de l’OCDE et de la FAO de 2011 à 2020 », (Chapitre 4 : les céréales), OCDE et FAO, 13/07/2011
« Grandes transactions foncières et spécificités de genre », Julia Behrman, Ruth Meinzen-Dick et Agnes R. Quisumbing, IFPRI, 04/2011
« Water in a changing World », 3ème Rapport mondial des Nations Unies sur la mise en valeur des ressources en eau, Nations Unies, 2009
« The environmental food crisis : Environments role in averting future food crises », PNUE, 17/02/2009
« Les chemins du succès. Production agricole et sécurité alimentaire: exemples de réussites », FAO, Rome, 2009
« Food and Fuel Price, Recent Developments, Macroeconomic Impact, and Policy Responses An Update », FMI, 19/09/2008
« Enquête 2005 sur le budget des ménages dans l’UE27 Plus de la moitié des dépenses des ménages consacrées au logement et à l’alimentation », Eurostat, 19/06/2008
« Changement Climatique 2007 : 4e rapport d’évaluation », GIEC, (Chapitre 8: Agriculture), 2007
« L’eau, une responsabilité partagée », 2ème Rapport mondial des Nations Unies sur la mise en valeur des ressources en eau, Nations Unies, Mars 2006 (Résumé)
« Protéger la paysannerie pauvre dans un contexte de mondialisation », Marcel Mazoyer, FAO, 2001

Rapports d’ONG

« Farming Money: How European banks and private finance profit from food speculation and land grabs », Friends of the Earth Europe, Janvier 2012
« Mettre les petits agriculteurs au coeur de l’adaptation au changement climatique », Document d’information Oxfam, 16 novembre 2009
« Les causes de la faim: Examen des crises alimentaires qui secouent l’Afrique », Document d’information Oxfam, Juillet 2006

Conférence de presse

« Présentation de la présidence française du G20 et du G8 », Nicolas Sarkozy, 24/01/2011 (Vidéo et questions/réponses )

Rapports d’Institutions nationales

« Evolution des exploitations agricoles – Faits et chiffres », Ministère Français de l’agriculture, 29/11/2004
« 40 ans de consommation de viande étudiés par l’INSEE : moins de boeuf, plus de plats préparés et pas trop de stress », INSEE, 23/11/2007

Sites Web institutionnels

BMI, Réduire l’extrême pauvreté et la faim
FAO: http://www.fao.org/index_fr.htm
FMI, Food and fuel crisis
PAM: http://www.wfp.org/
PNUE, Désastres et conflits
UE, Agriculture et développement rural

Articles institutionnels

« Bulletin de la FAO sur l’offre et la demande de céréales », FAO, 7/07/2011
« La FAO lance une nouvelle initiative pour produire plus de nourriture », Nations Unies, 13/06/2011
« Bulletin de la FAO sur l’offre et la demande de céréales », FAO, 7/06/2011
« Price Volatility in Agricultural Markets », FAO, décembre 2010
« Mainmise sur les terres africaines ? », Roy Laishley, Afrique Renouveau, Afrique Renouveau, Vol. 23#3, page 4, Nations Unies, 10/2009
« 1,02 milliard d’êtres humains souffrent de la faim », FAO, 19/06/2009
« Une révolution verte pour nourrir le monde », PNUE, 17/02/2009

Articles d’associations et d’ONG

« Révélation : l’Ethiopie cède des terres agricoles à des compagnies étrangères en pleine période de famine », Survival France, 25/07/2011
« La nourriture par les fenêtres », CRIOC, 21/05/2010
« Enjeux agricoles pour 2050 – prospectives FAO », FARM, 07/04/2010
« La spéculation entrave le droit à l’alimentation », Peter Wahl, Eurodad, 25/11/2008
« Les consommations de viande diminuent régulièrement », Centre d’Information sur les viandes
« Famine et guerre », Alain Mourey, Revue internationale de la Croix-Rouge, 791, 31/10/1991

Articles de la presse spécialisée

« Carte globalisation foncière, nouvel enjeu de la mondialisation », Alain Nonjon, Diploweb, 01/07/2011
« La crise alimentaire, le développement durable et les biocarburants : perspectives d’avenir », Erwan Cheneval, Ariane Adam-Poupart et Joseph Zayed, VertigO – la revue électronique en sciences de l’environnement [En ligne], Volume 11 Numéro 1 | mai 2011, 09/05/2011
« Du libre commerce des céréales », Nicolas de Warren, Le Cercle des Echos, 14/02/2011
« Volatilité des prix et crises alimentaires », Jacques Diouf, Le Cercle des Echos, 01/02/2011
« Précarité alimentaire, austérité », Anthropology of food, 6/09/2008

Articles de la presse généraliste

« En pleine famine, l’Éthiopie vend ses terres fertiles à des multinationales », PIAB, RTBF, 31/07/2011
« Ne parler que du climat est une hypocrisie totale », Jean Ziegler et Cathy Ceïbe, l’Humanité, 26/07/2011
« Agriculteur heureux, un métier en voie de disparition ? » , Thierry Denoël, Le Vif L’Express, 19/07/2011
« Essor de la production de biocarburants en Afrique », AfriqueAvenir, 15/06/2011
« Comment spéculer sur le prix du blé grâce à la météo », François Krug, Eco89, 15/08/2010
« How Goldman gambled on starvation », Johann Hari, The Independent, 2/07/2010
« Nourrir le planète en 2050 : Un défi déjà d’actualité », Clément Lacombe, Le Monde, 16/10/2009
« Plus d’un milliard de personnes souffrent de la faim », La Libre Belgique, 15/10/2009
« Le prix de la viande il y a vingt ans: si différent? », RTBF, 13/07/2009
« Un milliard de personnes sous-alimentés en 2009 », France 2, 20/06/2009
« Frères humains, devenez végétariens », Doan Bui, Le Nouvel Observateur, 05/2008

Article d’autres site Web

« Système de marché-libre : Qu’est-ce-que c’est ? », finance-banque.com, consulter le 01/08/2011
« Les vraies causes de la famine », Chroniques de Gérard Pince, 20/04/2008

Vidéo

« L’alimentation mondiale », Conversations d’avenir, Jacques Attali
« Amélioration de la sécurité alimentaire en Afrique de l’Ouest et Centrale », Fédération Internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge
« Comprendre la crise alimentaire », Alternatives économiques, Antoine de Ravignan
« Géographie de l’alimentation », Le Dessous Des Cartes, Arte, Juin 2011
« Jacques Diouf : Emeutes de la faim », Le Talk de Paris, extrait du JT de France24
« Jacques Diouf : pour lutter contre la faim, utilisons les ressources disponibles », Interview Euronews
« Jacques Diouf : Les raisons de la colère »
« Journée Mondiale de l’Alimentation 2010 », FAO, 2010
« Sécurité alimentaire », Frédéric Landy, Professeur de géographie à l’Université de Paris Ouest
« Spot de la petition one billion hungry », PAM, 2010
« Vers un crash alimentaire », Arte